divendres, 6 de desembre de 2019

Esoks, Esocina, Izokina, esguín, salmo, salar, du saumon et de la truite.

Je dédie cet article à Jérémie "Isokina" Loison. 

On doit à Ausone, préfet des Gaules (4ème siecle), natif de Bordeaux ou de Bazas et grand pêcheur de truites devant l'éternel, la toute première attestation écrite du mot "salar" (truite) en latin. Le Latium n'étant pas vraiment une région à truites et ce mot "salar" étant de première attestation très tardive, on se doute qu'il pourrait ne pas être latin d'origine.. On ne sait pas d'où il vient, peut-être du parler gaulois de Bordeaux.

Des linguistes celtisants comme J.-H Gray (The American Journal of Philology, Vol. 49, No. 4 (1928), pp. 343-347) soutiennent que tant "salmo" (saumon) comme "salar" sont des mots gaulois passés au latin. En langue gauloise, salmo serait un synonyme de esoks (esox), dont l'accusatif ĕsŏken a servi à la formation d'une forme feminine esokina, passée en latin et en basque, c'est du moins ce que vous pourrez lire dans tous les bons ouvrages. Toutefois les linguistes peinent à trouver au mot esoks une étymologie indoeuropéenne si bien que la provenance i.-e. de ce mot reste très douteuse. "Pas d'étymologie convaincante..." (X. Delamarre, adresse Esox du Dic. Gaul..).

Il faut alors se poser la question si le voyage esoks, esoken, izokin ne s'est pas fait, en réalité, dans l'autre sens à partir de l'aquitain (= basque antique, proto-basque). En basque, le mot izokin(a), (le) saumon, sonne comme (le) "boulanger de mer", d'un préfixe de l'euskara iz- qui signifie eau, mer, (qu'on trouve dans izotz = glace, lit. eau froide; izurde= dauphin, lit. cochon de mer) couplé à l'étimon "ok" qui évoque l'alimentation, representé en basque par le substantif "ok" =satiété, aussi par "ogi"= pain, blé, aliment et par okin= boulanger lit. celui qui fait le pain ou celui qui alimente. De ce mot "izokin" qui signifie saumon et qu'on pourrait littéralement décomposer en "eau-aliment-dans" ou "eau-aliment-fait", une manne aquatique en quelque sorte, serait issue la forme protoceltique *ĕsŏken dont la terminaison en -en, adaptée de la terminaison -in du mot aquitain, est celle d'un accusatif en celtique. Cette forme a du induire un nominatif reconstitué "esoks (esox) en gaulois puis passé en latin. Les Celtes des Iles Britanniques ont préféré reconstruire ou dériver une forme nominative *esākos d'allure bien plus celtique que cet étrange esoks-esoken (assimilation de la terminaison de l' accusatif en -oken, -avec l'affixe celtique très productif -ākos, accusatif -aken).

Il faut remarquer que l'étymon izokin est absent du galloroman (en gascon: saumon, comme en français) alors qu'il est présent en espagnol et en asturien: "esguín". Cette localisation cantabrique me suggère que c'est bien le mot latin "esocina" qui dérive du mot aquitain (= basque) et non l'inverse, contrairement à ce qui nous est fréquemment affirmé par les linguistes celtisants qui veulent absolument faire dériver le mot latin du celtique, et le mot basque du celtique ou du latin (cf. Delamarre et Matasović) . Je pense que c'est plutôt l'inverse: ce serait le mot aquitain (=basque) qui pourrait être à l'origine du mot celtique et du mot latin, car le mot basque a une étymologie explicable par le basque alors que le mot celtique reste isolé dans le domaine indoeuropéen, sans étymologie ni explication. En espagnol, le mot esguín désigne le très jeune saumon qui n'est pas encore retourné en mer. En asturien, il désigne les alevins de salmonidés (saumon, truite) et peut désigner un petit poisson de manière générique. Cette signification de jeune poisson ou petit poisson est induite par la confusion de la terminaison du mot en -in avec l'affixe diminutif homonyme -in très productif en asturien. 

L'irlandais a au moins quatre mots pour dire saumon, tous d'étymons différents, dont eagh (ou eá après la réforme orthographique), qui vient de notre "esakos", mais on n'y retrouve pas de mots apparentés à "salmo" et "salar" ni en irlandais ni dans aucune autre langue néo-celtique. Ce n'est évidemment pas une preuve contre cette hypothèse d'une origine gauloise de salmo et salar. Le mot peut-être une métaphore ou construction spécifiquement gauloise faite à partir du mot qui signifie saut (er), bond(ir)= (sal-jo/e en protoceltique= saut, bond). Le mot employé par Ausone nous rappelle le nom de la place-forte des Garumni (ou "Garonnais"), peuple antique de la Haute Vallée de Garonne du temps des Romains. Leur place-forte s'appelait Salardunum, aujourd'hui Salardú (Val d'Aran). Les Irlandais avaient un Dún Salach, lit. Fort du Saule, les Garumni auraient-ils eu un Fort (Dunum) de la Truite (Salar)? Ce n'est pas à exclure, rappelons-nous l'histoire mythique du Saumon qui Savait Tout ou Saumon de la Sagesse (bradán feasa en irlandais, cf. Le Saumon de la Sagesse dans wikipedia). L'animal totémique des Garumni était peut-être la truite. Quoiqu'il en soit, force est de constater que ce mot "salar" employé par Ausone n'a pas eu beaucoup de succès en roman. Il n'était probablement pas si répandu ni si connu que ça. Ou alors son homonymie avec les membres de la famille de "sel", "saler" lui ont fait du tort. En tout cas, on lui a préféré ce mot un peu bizarre *tructa ( > fr. truite, en gascon: trueita, tròcta, tròcha, trucha, traueta). Les Roumains, eux, ont carrément emprunté leur mot au bulgare: păstrăv (truite). 

En basque, la truite n'a pas vraiment de nom très spécifique, c'est juste "hameçon-poisson", amuarrain d' "amu" (du mot latin qui signifie hameçon, gascon: am, ham, id.) combiné à arrain (poisson en basque). Pourquoi un terme si vague? Tabou? Déficience lexicale d'un peuple autrefois locuteur de parlers celtes s'étant aquitanisé (iberisé)? Ou bien les ancêtres des Basques provenaient d'une région sans truite donc leur langue n'avait pas de nom pour ce poisson? Ou un peu tout ça? Je vous laisse choisir.

dilluns, 2 de desembre de 2019

Iu, èu, òu: lac de montagne. Étymologie (en français)

Iou, èou selon Palay, en graphie alibertine, iu, èu et òu: lac de montagne. Ce mot gascon, à l'origine du toponyme oô, est bien un substantif, autrefois courant dans les parlers pyrénéens sous ces diffèrentes formes (Palay). 

Le mot aragonais "ibón" (lac de montagne) pourrait être perçu comme une forme affixée de notre mot « iu » (iu, ivón) . Ce doublon de mots romans peut faire penser à un autre doublon qu’on trouve en protoceltique : *abū-, *abona (cours d'eau), un seul mot à l'origine mais deux formes, correspondant à deux cas du même mot. Probablement à partir du cas oblique ( l'accusatif *abonen) d'un mot neutre *abūn (eaux, rivière) a été reconstruite une forme féminine *abona (Dic. Matasović). Ce mot est à l'origine de nombreux toponymes et d'hydronymes comme Avosne, Avon, Entraune en France comme en Angleterre. Du mot *abūn vient le mot du viel irlandais "aub" genitif abain; de l'autre forme abona dérivent les mots bretons aven, gall. afyn, id. etc. Le vieil irlandais présentait d’ailleurs aussi une variante « au » (rivière). Les linguistes de l'Univ. du Pays de Galles admettent dans leur lexicon protoceltique, en plus du doublon abu - abona, un "*awo" /« *awa » (rivière) qui rappelle notre mot gascon iw, èw, òw-. Tous ces mots signifient eau comme élément géographique, cours d'eau, rivière par opposition au concepte d'eau comme élement physique (qu'on boit ou pour éteindre le feu). 

On est aussi évidemment tenté, comme l'ont suggéré G. Rohlfs et d'autres, de rapprocher ces mots romans òu et ibón (lac de montagne) des mots basques ibai (fleuve), ibol (averse), ibi (gué), ibar (vallée) etc qui pointent tous vers une racine commune *ib. Ce "mot" aquitain *ib qui pourrait avoir signifié "eau" n'est toutefois pas lexical en basque, il a pu y être remplacé par ur(a), ce dernier mot pouvant être un emprunt à une langue indo-européenne, celtique ou préceltique (voir gaulois uaria, uera, d'un plus ancien ur-, cf. DicGaul. Delamarre). Il est possible que notre mot gascon iu, èu ou òu représente en fait ce mot aquitain absent du lexique basque, en admettant qu'il ait eu une forme /*iw/ passé à /*ib-/ en composition. 

En conclusion: étymon obscur, probablement pre-latin, celtique ou aquitain. Peut-être bien le proto-celtique *awo - voire abūn (eaux, rivière) (cf. lexikon de proto-celtique de l'Univ. of Wales) en lui prêtant une signification générale d'étendue d'eau et pas seulement celui de cours d'eau qu'avait le mot "au" en viel irlandais. Ou alors un très hypothétique étymon aquitain *iw, *ib- , qui signifierait eau et qur l''on retrouverait en basque et en aragonais. Ou collision des deux étymons, à l'origine de l'hésitation phonétique des formes variées du mot òu, iu, èu .

diumenge, 24 de novembre de 2019

Arrian, arrianglo...etimologia au corrent.

Lo mot "arrianglo" que designa lo vutre (fr. vautour) en gascon deu Haut-Comenge garonés (Luishon, Aran). Qu'ei sinonime d'"arrian" (n velar), qui lo praube G. Rohlfs  (Le Gascon) é pensava poder har derivar deu mot basco "arrano", ipotèsi adoptada per Wartburg (FEW) shens precisar la via gahada per aquesta derivacion. Aquesta ipotèsi de Rohlfs, a la fèita fin, n'ei pas acceptabla per rasons d'impossibilitat morfologica.

En seguir Coromines (el parlar Vall d'Aran), que pensam poder descompausar lo mot arrianglo en arri e -anglo.
Duas ipotèsis entà explicar anglo.
 i )-A(n)glo qu'arrepresentaré ua masculanizacion a la mòda gascona de agla (lat. ăquĭla) - > aglo, "mascle de l'agla".
ii)- Alternativament, aqueste - a(n)glo que derivaré deu mot latin  ăquĭlus qui significa marron (cf. l'arriu Aglí < lat. aquilinus, "arriu marronenc" a causa de la color de l'aiga). En aqueste dusau cas, lo mot gascon arrianglo que poiré representar un sintagma similar au basco arranogorri, arranobeltz qui designan lo vutre (lit. agla arroja, agla negra). Notatz lo haube (lat. fulvus) o marron n' èra pas ua color repertoriada peus Aquitans qui n'avè pas cap de mot entà definir-la. Lo basco qu'a emprontat au  romanç lo mot arrei (< arena) e lo mot marroi (< marron) tà díser gris o cascant e marron, respèctivament. Per contra, los galés qu'avè mei d'un mot tà díser marron, per exemple, *giluos passat tau latin com a giluus (marron clar, que s'aplicava aus shivaus, com badius, fr. bai.)


 La partida arri- que demora enigmatica. De notar la geminacion deu mot n'ei pas sistematica (cf. Rohlfs, le Gascon), qu'ei arian(glo) o arrian(glo), que notarèi R per -r- o -rr-. Qu'ei temptaire botar lo mot *aRi en relacion dab lo mot indoeuropèu per díser "agla". Que volh citar X. Delamarre: ...nom i.-e. de l'aigle *er-, *or-(n), qui presente un -n- aux cas obliques: hittite haras, genitif haranas, got. ara, v. nor. ǫrn...Coromines (El parl. de la V. d'Aran) que suggerí lo mot gotic "ara" com a etimon de arrian(g). Aquesta ipotèsi n'ei pas impossibla, segur. Totun, personaument, n'i soi pas hòrt aborrit; un gotisme isolat per la montanha pirenenca no'm convenç pas guaire. Per contra, que sèi mei d'un celto-gasconisme tipic per aquestas contradas, com lo mot "com" = abeuradèr o tòs deu galés cumbos, id. cf. breton komm, id., lo mot que passè deu gascon tau catalan de Catalonha; lo mot "taram" , plan luishonés, per díser "tron", "tronada" (Tarannos); lugran (cf. lugret, lugrir proto-celtic *lugra)...  Alavetz, que m'estimi més ua etimologia celtica non pas germanica. Ueratz ua possibla senda atau entà arrian(glo). En neo-celtic, lo mot tà díser "agla"  que sembla aver duas fòrmas: ua "corta" monosillabica, arrepresentada peu mot deu breton mejan e deu cornic  "er" (gasc. agla) e ua auta, longa, bisilabica, "eryr" en guallés; en breton:  "erer", irlandés "iolar", gaelic escos. "iolair" (id.).  Lo doblon e la fòrma dab  duas "r" que pausan un problèma aus linguistas indoeuropeistas. Ne sabem pas precisament la relacion etimologica enter las duas fòrmas "er" e "erer".

Prumèra ipotèsi  : las duas fòrmas que derivan de dus mots en protoceltic: *eros i *eriros, duas fòrmas derivadas d'un solet mot indoeuropèu, l'ua a partir d'ua fòrma de grad zero e l'auta a partir d'un cas oblic, com suggerit per Matasović in Et.Dic.ProtCelt (ved. eriros).

La dusau ipotèsi que supausa ua fòrma en protoceltic ancian deu tip "erinos" qui generè duas fòrmas en protoceltic tardiu.
 i) l'ua per la pèrda de la n intervocalica *erinos > *erios (>er).
ii) la dusau per rotacisme de la n intervocalica;*erinos > *eriros (>erer, eryr etc.)

La tresau ipotèsi que supausa ua soleta fòrma en protoceltic, *eriros o *eruros, "er" que seré ua fòrma derivada de erer: erer > err >er.

 La fòrma reconstrusida *erino-, hòrt ipotetica, que ns'ei suggerida peus mots hitita haranas, grèc ornis e quitament peu mot basco "arrano", qui compleish perfèitament lo canon indoeuropèu, se consideram la geminacion deu mot basco sonque com a simple reflèx fonetic indusit peu grop iniciau ar-, shens nada justificacion etimologica.

 En gascon, aRi- que pot representar *aRi(o/a), *aRin(o/a) o quitament *aRen(o/a). *aRi(o/a) que poiré estar ua fòrma latinizada (*erius o *eria) derivada de la proposicion *eros de Matacevic o deu son variant *erios mentre *erin(o/a) o *eren(o/a) que poiré representar la fòrma longa  dont derivaren lo mot  basco "arrano" com los mots celtics de las Islas Britanicas erer, eryr, iolar, iolair e er, aquestes per un efèit de rotacisme, *erinos - > *eriros > *erros. Los mots gascons que seren derivats de *eri-(n?)-(o/a)" sia per afixacion dab a-nus: eri(n)-an(u)-    >  arrian (n velar, /ŋ/ e/o en tot cas per addicion d'aquilu: * eri(n)-ăquĭlu-> arrianglo, arriang.


Adara, que'm permeteratz d'ahíger aquiu ua auta observacion qui poiré invalidar la necessitat de reconstruccion *erinos en bèth suggerí'nse  la fòrma shens 'n' *eri-o/a qu'ei plan anciana. En aqueth cas, nat besonh de recórrer a ua fòrma arreconstrusida dab -n-, en tot cas en protogascon. Lo cas basco deu mot "arrano" ne seré pas necessàriament  ligat au nòste mot o, en tot cas, pas dirèctament.  Tanhent au mot gascon, que podem referi'nse au  teonime galloroman Er(r)iap(p)us, corresponent a un diu locau venerat peus ancians Coserannés e Comengés qui'u dediquèn un santuari situat suu penent deu Mont d'Arria a Sent Biat. Que dispausam d'ua representacion deu diu devath l'aparéncia d'un Silvanus desnudat, la figura qu'ei acompanhada d'ua inscripcion votiva qui l'identifica formaument. Au contra de la suggestion de X. Delamarre,  jo non pensi que lo nom deu diu E(r)riap(p)us (totas las fòrmas, geminadas o non, deu teonime be son trobadas a las inscripcions galloromanas deu santuari) sia necessàriament dirèctament ligat au concèpte d'agla (Eriapus qu'ei arrevirat en "oeil d'aigle" per X. Delamarre, ved. DicGaul), pr'amor arren a la representacion deu diu non ns'i suggereish ua relacion quina que sia dab ua agla ni un ausèth. Meilèu que non l'uelh de l'agla, lhèu que poderem compréner lo teonime com a l'uelh (*apos en galés cf. los dic. de protoceltic) d' *Er(r)ia, qu'ei a díser lo guardian de la quita montanha marmièra qui's ditz uei lo dia Mont d'Arrie o de Rie en francés (< *E(r)ria) e qui abriga lo santuari d'E(r)riapus (*Er(r)ia - *apos),  diu d'aqueste mont, protector e curaire. Lo santuari compren mei d'ua vintenat d'autars dab inscripcions votivas en pro bon latin e esculpturas e gravuras  divèrsas.  Qu'a marcat la toponimia locau: aquesta part deu mont qu'ei dita "malh deras higuras", en aludir a las representacions litograficas. A mei, lo quite diu Eriapus qu'a possiblament legat lo son nom a la marmièra deu santuari, marmièra aperada "carrière de Rap" en francés.  Rap: ipercorreccion deu gascon Arrap lhèu  de *Arryap o *Arreap (?) (cf. en gascon  preanable -  > priable, preable, prable).  En tot cas, qu'ei ben possible l'etimon de l'oronime Arrie (a còps Rie en francés per "ipercorreccion"),  Arria en gascon, be sia lo medish que lo deu noste mot "arrian".  En gascon, lo mot que representaré un derivat d'er(i)os (s.m.), possiblament adaptat en en latin pregascon com a  *eria (s.f.)  sinonime locau d'agla.  Lo (o meilèu eth)  mont d'Arria que seré alavetz un "mont d'agla". En aqueste cas, arrian que poiré estar un simple derivat d'aqueste mot afixat dab -anu: *erianu > arrian, l'afixacion permetant la masculinizacion deu mot *arria (agla) dilhèu tà'n har de l'arrian "lo mascle de l'agla".   A(n)glo (masculin d'agla) que jogaré lo medish papèr en "arrianglo". N'ei pas tanpòc impossible que lo sintagma *eri-aquilus sia solet a l'origina deus dus mots "arrian" (grafia de l'I.E.A.,  possiblament  fautiva en plaça d'"arriang", cf. Rohlfs e Palay) e d'arrianglo, aqueste darrèr dab ua vocau de sostien. Aquesta darrèra proposicion que's basa sus l'existéncia d'ua tresau fòrma recuelhuda per Coromines en Aran: trango (vutre). Coromines que l'explicava per un ipotetic *vulture-aquilus. Jo, en seguint la medisha dralha, qu'aví prepausat *astore-aquilus. Mès uei que'm demandi se ne seré pas mei simplament ua fòrma etimologicament ligada a arriang e arrianglo.  La pèrda deu iòd que pausa question, totun. Que poderé deishar supausar un mei ancian *ero-aquilus se n'ei pas sonque ua corrupcion d'arriang e d'arrianglo (cf. E(r)riapus e Arrap). En tot cas  *arrango  -  > *rango  (ipercorreccion)-> eth *rango.  -> eth trango - > un trango.

En conclusion e tà hà'n brac, que supausi l'element arria- qu'auré de's botar en relacion etimologica dab lo mot i.-e. tà díser agla (*er, *or-n-). Aqueste mot que poiré estar  *eri-(n?)-(us/a?), fòrma latinizada derivada deu mot celtic *eros o *erinos a l'origina de las fòrmas modèrnas per rotacisme (erinos - > eriros). Lo mot arrianglo que combina aqueste mot dab a(n)glo, de ăquĭlu. Lo mots arrian o arriang  que'n seré ua simpla varianta shens la vocau de sostien = *eri-ăquĭlu -arriang e lo mot trango ua tresau varianta a partir d'ua ipercorreccion aproximativa e simplificaira d'arrianglo e d'arriang : arrango- >(eth) rango. -  > (eth, un) trango.

dijous, 21 de novembre de 2019

Galh e galhard, drude, galhet, galhat e galhar. Quate etimons celtics en gascon.

Uei qu'èi aprengut mots deus navèths: prumèr l'adjectiu armanhaqués "galh /a,  (s.m.) qui significa galhard, a.

Dusau, qu'èi aprengut  un aute sinonime de galhard: drude,a  (fr. gaillard, vigoureux).  Qu'ei etiquetat com a mot deu lexic de Haut-Ador, totun qu'ei present shens qu'en gascon, que'u trobam en francés, en occitan e en arpitan devath divèrsas fòrmas pas guaire aluenhadas de la gascona. Pèir Morà que'u cita com a "drud" , sèi pas si serà per  "drut", qui ei la fòrma occitana regulara o "drude" (soleta fòrma masculina balhada per Palay, lhevada la fòrma medoquina "dru", acerà dab la significacion de galant, amorós.

Evidentament, que'm soi interessat a l'origina etimologica d'aquestes dus mots galh e drude.

A maudespieit de l'omonimia dab lo mot "galh" qui significa "poth", lo mot armanhaqués "galh" (fem. galha) qu'ei d'un etimon complètament diferent qui arretrobam au son sinonime "galhard" (fr. gaillard). L 'etimon de galhard  qu'ei generaument considerat com a celtic (cf. par exemple gaillard in CNTRL.)  Que derivaré deu mot "gala" qui significa "valor, coratge" en protoceltic (cf. "gala" in Matasović EtymDicProtocelt.). Que l'arretrobam com a nom de pòble: Galates, qui designa los cèltas d'Asia minor, mot compausat de gala e deu sufix -ates qui indica un gentilici. Totun, la fonetica deu mot gascon, com la deu mot francés gaillard, que hèn supausar ua derivacion a partir d'un adjectiu derivat de *gala: *galio, *galia, shens que sapiam se l'adjectiu aqueste ei galés o de formacion latina. En tot cas, d'aquiu que vienen lo mot "galh-a" e los "derivats" de medisha significacion com "galhard" -a e los substantius "galhastran", "galhaberri", "galhaberro", tots equivalents enter si semanticament (fr. vigoureux, gaillard). La relacion (faussa) dab lo nom latin deu poth (lat. gallus) qu'ei evidenta e inevitabla sustot que los mots "galho" var. "galh" (= poth) e son manlhèus frequents en parlars gascons. Lo substantiu "gariat" - derivat masculinizat de "garia", dab la significacion de "poret" en règla generau,  que pòt estar emplegat en mantun parlar com a sinonime de "galhard" (s.m.), com ac ei "garia" en plaça de "galharda".

Lo gascon que presenta un hum de derivats de "galh" e de "galhard", amuishant ua cèrta confusion enter los dus etimons, lo celtic e lo latin  (ved. Palay)., shens oblidar los autes omonimes de "galh". Que poderèi mentàver lo mot qui designa un tròç dur de pan: "galhet". L'etimon aquiu qu'ei enqüèra galés *kalljo- qui designa quauquarren dur, en generau ua pèira, un calhau e, per metafòra, un esclòp de bèstia, aquiu un tròç de pan dur com un calhau; autanplan l'aute mot  "galhet" = "galhat"  (fr. tacheté) e "galhar" (madurar per un frut) qui representan un aute etimon proto-celtic, enqüèra distint, concrètament *kaljo- = plap, taca, maca; irl. coile, idem, autanplan en arpitan jalio-a = pigalhat cf. Matasović, EtymDicProtocelt).

Quant au quite mot gascon "drude", aute sinonime de galhard, que deu remontar  tau mot celtic *drūto- "fort, exhuberant, vaillant" (Delamarre, DicGaul., adr. drutos). Que l'arretrobam en francés dab lo mot "dru" qui significava galhard en francés ancian (ved. dru, CNTRL e Delamarre, DicGaul.). Lo mot drut en occitan ancian, deu medish eitmon, qu'avè ua connotacion sexuau dab la significacion d'"amant".  Aquesta significacion qu'ei conservada en Medòc dab la fòrma "dru". De notar qu'existeish un aute mot *drŭto- a/ , dab u brèu, qui significaré "rapide". Que sembla aparentat au mot sanscrit de medisha significacion drutaḥ segon Delamarre, DicGaul. Aqueste dusau mot galés  qu'ei a  l'origina d'oronimes gascons e occitans com Dròt (dus arrius d'aqueste nom, l'un en Gironda, l'aute en Dordonha) e Droda au Gard. Un dusau oronime, probablament aparentat au prumèr, qu'a ua fòrma  dab n:  Druna (fòrma atestada a l'origina de Drome, Drone etc.). Aquiu qu'avem possiblament ahar dab un cas de confusion enter dus etimons distints,  l'un qui significa fòrt (drūto), l'aute qui evoca un córrer (o corrent) rapide  (druta, druna) . La confusion enter los dus etimons qu'ei suggerida per la significacion deu mot irlandés "dron" qui significa fòrt, galhard e non pas rapide (Delamarre, DicGaul: adreça druna). Lo lemosin qu'a autanplan lo mot drun, druna, qui significa galhard (FEW).   La significacion deus oronimes *Druta e Druna que podó estar l'arriu rapide com l'arriu galhard, un arriu de corrent vigorós.

Adonc qu'acabam de véder quate etimons celtics representats en gascon.

Drūt os / a =  vigorós, galhard. Qu'ei l'etimon de l'adjectiu gascon drude / -a qui significa galhard. Que n'ei tanben deu mot francés "dru" e lo de l'occitan "drut".

Gala = valor, coratge. Qu'ei l'etimon de galh & galhard (sinonimes) etc e deu fr. gaillard, via galio /ia .

Kaljo = plap, taca, maca qu'ei l'etimon de galhet, galhat (plapetat, pigalhat) e lo deu vèrbe galhar (madurar, per un frut). Que n'ei tanben lo de l'arpitan galiolo/a, jalio/a (galhat- da; pigalhat-da).

Kalljo = Quauquarren dur, pèira, esclòp (d'animau). Qu'ei l'etimon de galhet (lo pan), de calhau e derivats e probablament lo deus mots gascons arralh(a), arralhar e argalhar; astur. argayu, esp. argayo e cat. ar(a)gall. En francés: chail (francés ancian) e, de segur, caillou.

dilluns, 11 de novembre de 2019

Calhòc, malhon, cravan: etimologia.

Las lengas occitana e catalana e las iberoromanicas qu'utilizan derivats deu latin gavia  (gaviota,  gabian, gaivota, gavià, gavina etc.) tà designar lo calhòc (goéland en fr.). N'ei pas lo cas en gascon, n'i trobam nat derivat deu mot latin "gavia" tà designar aqueste ausèth, aquesta particularitat que distingueish lo gascon de las lengas vesias. Per contra, qu'avem mots especificament gascons com lo quite calhòc e malhon, enter autes, qui son dus gasconismes deus beròis.

Calhòc (Larus argentatus).

Calhòc. Segon jo, lo mot que deriva deu protoceltic "kaliākos" qui significa poth, hasan (ved. caliācos in DicGaul Delamarre,   kaliākos in EDProtocelt e CeltLexicon). Donc, lo mot "calhòc" que seré un cognat gascon deus mots breton "kilhog", guallés "ceiliog", irlandés "coileach" qui significan poth.  L'etimon deu mot que hè referéncia au cant o crit sonòr de l'ausèth segon Delamarre e Matasović. Que seré lo mot proto-indo-european reconstituit *kelH1 qui significa aperar, cridar cf. latin calo : qu'apèri, que cridi, que convoqui; grèc kaleo : id. Lo mot protoceltic qu'a l'ahur d'un derivat, obtiengut per afixacion dab l'afix plan frequent -ākos,  d'un mot *kalios, cognat celtic deu mot latin "gallus". Los Gascons de la còsta septentrionau qu'an conservat lo mot celtic deu poth tà nomentar l'ausèth marin com a "poth" (de mar), allusion au caractèr cridassèr de l'ausèth. Notatz qu' a l'aute estrem deu maine gascon, en gascon baionés, autanplan que disen, o meilèu disèn,  (un) "gàrie" per "calhoquet" o "malhoquet", (fr. mouette), segon lo diccionari de P. Rectoran. Aqueste mot gàrie qu'ei ua fòrma masculina reconstrusida, probablament a partir d'un derivat masculin afixat de garia (lat. gallina), precisament gariat (m) (= poret) --> gàrie (m) = poth (de mar), adonc gàrie (garye) en plaça de la fòrma etimologica  "gath" deu lat. gallus (poth, hasan). Lo quite mot "gath" (< lat. gallus, fr.coq)  qu'ei rarament present en parlars gascons, probablament espudit a causa de l'omonimia dab "gat".

Vanèu (Vanellus vanellus)
Malhon, qu'ei lo nom que balhan tau calhòc au sud de la còsta. Qu'ei autanplan lo nom balhat a un aute ausèth de lòcs umides: lo vanèu o pigueta de mar (Vanellus vanellus) (fr. vanneau huppé). Lo mot "malhon" emplegat entà nomentar aquestes ausèths que's pòt comparar dab noms bascos deu calhòc, concrètament "marloi" e "marloiñ" segon Agud e Tovar (cf. Dic. Etim. Vasco), "marloin", marloiñ , "maloin" e "maloiñ" en basco labordin (ved. aquiu). Lo mot que vieneré, segon Agud e Tovar, deu mot galician "merliao" (sic) . Lo mot galician que deu estar mei precisament "merlón" en aplicar la grafia de la Real Academia Galega. Qu'ei un derivat, per afixacion augmentativa, de l'espanhòu "merlo" (gasc. merlo). Segon lo Diccionario de la Real Academia Galega, lo mot merlón que designa un peish, Labrus merula (merlo de mar en gascon, merle o labre merle en fr.), que non lo calhòc, ved.  aquiu, que i poderatz escotar lo mot tanben. Totun ua auta significacion deu mot merlón, ornitologica aquesta,  n'ei pas inversemblanta.  Ua ipotèsi alternativa, segon jo, que hè derivar lo mot basco "marloi" e los sons variants non pas d'un mot galician mès deu son equivalent en gascon negue (parlat a Baiona, Biàrritz e dinc au sègle 20 a Sent Sebastian, Fontarràbia e Passatge e d'autecòps probablament a Sent Joan de Lutz, cf. cachalut, un mot gascon deu parlar de St Joan de L. recuelhut au sègle 17, a l'origina de cachalot), o sia deu mot gascon "merlon" prononciat (ancianament) [mƏɾˈloŋ], un derivat afixat de merlo dab valor augmentativa de l'afix per influéncia de l'ibero-romanç. En efèit, la derivacion deu mot gascon merlon- en basco marloi qu'ei totafèit regulara. Las variantas marloin, marloiñ, maloin, e maloiñ que s'explican per la prononciacion de la n finau /ŋ/ deu mot merlon en gascon negue com en galician. Aquesta n velara qu'ei un fonèma inexistent en basco, çò qui explica las balanças foneticas deu mot en aquesta darrèra lenga.  "Malhon", aquiu, que'n deu estar ua adaptacion gascona  possiblament per atraccion deu mot gascon mar [ma] (fr. mer)  e sustot per assimilacion fonetica de fòrmas com maloin e maloiñ au mot gascon malhon (l'utís, fr. maillet). Un "malhon" que's ditz autanplan d'un marin de longa durada en lengatge familiar (Palay). Donc, l'etimon a l'origina deu mot deus nostes ausèths e deu noste marin qu'ei en realitat lo latin "merula" (gasc. merlo). Aquiu qu'avem ahar non pas a un "pòth de mar", mès a un "merlàs de mar". Qu'èi notat que trobam en un tèxt d'archiu medievau agenés (1279)  la mencion d'ua "merla blanqua" , ausèth non identificat, possiblament un merlo blanc, qu'ei a díser qui padeish ua anomalia genetica pertocant la via de biosintèsi de la melanina (DAG, vol12, §1506). (Aquesta darrèra frasa que pisha en dehòra deu vriulon, d'acòrd. Que la i boti sonque per convenéncia personau. Aqueste blòg qu'ei shens qu'un caièr personau qui comparteishi entà provocar discussions, correccions e criticas constructivas, que demora prumèr un notèr qui m'ei utile a jo.)

Cravan (prononciat crauan). Que's tracta d'un vièlh mot oèst-germanic qui trobam aus lexics de las versions ancianas de l'alemand, deu neerlandés e de l'anglés.  Vèrbe krauen = cridassar (per un ausèth), croacar; subst. krauan, kraua : corbaish, corbashina ved. lo dic. d'alemand deus hrairs Grimm, aquiu.   Lo mot de l'anglés vielh krawe qu'ei a l'origina deu mot modèrne crow (corbaishina). Lo vèrbe de l' anglés vielh krawan qui significa croacar (fr. croasser) qu'ei a l'origina de "to crow" qui significa "quiquiriquiquejar com un hasan" (e non croacar com un corbaish).  En francés, un "crave" qu'ei ua espècia de corvid. Rabelais qu'emplegava lo mot "cravan" entà designar ua espècia d'auca aurèsta (fr. espèce d'oie sauvage). En francés contemporanèu, lo mot cravan que s'emplega entà designar ua sòrta de craca (fr. coquillage), per confusion dab l'etimon galés cragācos qui significa etimologicament  "qui a ua clesca", "clescat" (fr. qui a une carapace, carapacé) a l'origina deus mots gascons creac ( fr. esturgeon) e craca,  crèca (cosquilha, fr. coquillage), ved. lo CNTRL aquiu.

Tiravent: sintagma de significacion evidenta, allusion a l'engenh deu calhòc com a planaire.

divendres, 8 de novembre de 2019

Arralh, arralhèra, arralhet, arralhar. Elements de reflexions etimologicas.

Dab lo mot arralh e derivats, qu'avem ua familha de gasconismes qui pausan ua enigma etimologica. Qu'èi sajat de'us botar en relacion dab d'autes mots de lengas vesias, catalan, castelhan e astur-leonés. Prumèr, lo quite mot arralh o arralha. Que i tien significacions divèrsas segon las regions. Palay que nse'n balha definicions:
arralh: forme de arrai.
arralh, arralha, synonyme d'arralhèr: ébouli, ravin profond plein d'éboulis..
arralha, ralha : partie émergeant des roches sous l'eau; en Bas-Arm. croûte glacée, glace. En Os. éclat éboulé de roches v. aràlho.
arralhèr, aralhèra: ébouli, ravin profond plein d'éboulis.
arralhèrs, aralhèras : éboulis, blocs qui s'écroulent des montagne,; amas, trainée de roches éboulées.
arralhet, arralheta: 1- Petit ravin plein d'éboulis NP: Larraillet 2- grattoir.
arralhon: caillou roulé. Anar com un arralhon: aller vite comme un caillou roulé, qui dévale.
arralhós: pierreux, rocailleux.


 Lo DicFoix que ns'indica per las Lanas, lo mot "arralh" o "arralha" ne significa pas sonque "glace" (glaç, aiga gelada), "arralhat" = gelat, glaçat, arralhon= glaçon (DicFoix) (cf. en Palay la significacion d'arralha en Bas-Arm.).

B'ei clar lo mot "arralh" que i tien per la montanha ua significacion especificament geomorfologica qui evòca un barranc, ua galihèrna plea d'arròcas esbonidas, un esboniment d'un tròç de montanha en brolh d'arròcas.

Totun que i a ua auta significacion especializada ligada a la tecnica de l'obrèr qui tribalha la lenha:

arralhar (Mt): faire des arralhes (sic, i.e. de grosses bûches), fendre du bois.

Lo mot que sembla de fèit ua varianta de'u qui ei emplegat en Biarn:

argalhar : fendre, faire éclater.

En biarnés, un "argalhan" o "argalhaire" qu'ei un obrèr qui tribalha la lenha.


Jo que supausi la fòrma dab -g- - argalh(ar)- qu'ei la mei anciana, la mei pròishe de l'etimologica,  pr'amor que la trobam pro plan conservada en mots d'autas lengas afinas a la nosta. En espanhòu, un "argayo" que designa un "desprendimiento de tierra y de piedras  por la ladera de un monte" (DRAE). Lo mot qu'ei astur-leonés tanben devath la fòrma "argayu" (e jo dirí astur-leonés prumèr que non castelhan qui l'a probablament manlhevat). La definicion segon la wikipedia asturiana:  "un argayu o arba ye una mena de movimientos xeológicos inestables que provoquen l'esmoronamientu d'una fana de tierra producíu por falta de sofitu. Suel tratase d'una cantidà más o menos descomanada de roques y tierra qu'esbarien per la rimada d'un monte.
L'argayu suel tener llugar dempués de fuertes tobisques o bastiaos (en gasc. hòrtas pluejas), que faen que l'agua de lluvia caltrie na tierra, faciendo bolses d'agua que llueu, darrèu de la presión y la erosión, provoquen el desplombe de tola fana de tierra."
Lo mot qu'ei autanplan cantabre, qu'ei plan arrepresentat a la toponimia cantabra.  "Argayo significa escorrentía o despredimiento de tierra por efecto del agua. Ejemplos Biércol de los Argayos en Cosío, minas de El Argayón en Peñamellera." Ved. aquiu. De l'astur-leonés (cantabre inclús), lo mot que degó estar manlhevat peu castelhan qui n'i conservè lo yeïsme caracteristic deus parlars de la còsta cantabrica.

Qu'arretrobam mots possiblament de la medisha familha en catalan: argall, aragall, var. xaragall, saragall etc. 
Las definicions deus mots catalans segon lo D.C.V.B. que son com segueishen: 
Argall : Clot llarguer per on passa un corrent d’aigua
Aragall, var. xaragall, saragall (etc): Petit corrent d’aigua  produit per la pluja recent
2- Clot llarguer per on passa un corrent d’aigua produit per una ploguda forta
3- Corrent impetuós d’un riu per una pendent.

Que i tornam trobar la combinason aiga de plueja e erosion deu terrenh penut, totun lo concèpte d'esboniment qu'ei absent, au contra de la definicion deu mot en gascon e en iberoromanç. En catalan, lo mot qu'ei un idronime. 

Lo Gran Diccionari de Lengua Catalana  que hèn sinonimes enter si tots aquestes mots e que'n balha la definicion atau: 
Xaragall: regueró que forma l’aigua de la pluja en escórrer-se per un terreny inclinat, escorranc. 
Segon Coromines, l'etimon que seré preroman e indoeuropèu,  que prepausa un ipotetic "*argallo" on i intenta d'arreconèisher l'arraditz indoeuropèu "arg" que vòu díser "blanc".  Totun, aquesta fòrma arreconstrusida *argallo no'm convien pas a jo pr'amor n'ei pas compatibla dab las fòrmas gasconas (qui serén sequenon *argath e *argarar) ni dab ua fòrma asturiana "argaxà" (< argaxada = ensemble d'"argayus).

Alavetz, la fòrma etimologica que deu meilèu estar quauquarren com  *argàlio o quitament *aragàlio, aquesta darrèra fòrma miant aisidament tau mot gascon ar(r)alh. Pas sonque un detalh, ce'm diseratz. De la medisha manèira, se partim d'*argalio, qu'ei aisit de har derivar las fòrmas astur-leonesas  argayu (argallu < argaliu) e argaxá ( < argajada).


En gascon: *argali(o/ar) e *aregali(o/ar) que pogon miar tà argalhar e aralhar de manèira hòrt regulara, aralhar - > arralhar per atraccion de la protèsi gascona arr-.

En catalan com en gascon: argall, aragall > saragall, xaragall (per agglutinacion de l'article salat  < lat. ipse).

E que'm cau díser l'ipotèsi de l'etimon indo-europèu "arg" (qui significa blanc) no'm convenc pas tanpòc. Se volem a tot hòrt estacà'nse a ua etimologia celtica, jo com a gasconofòne, en seguir las valors semanticas deu mot en gascon,  que m'estimarí mei un etimon de connotacion  "arralhosa" com, per exemple, l'etimon deu mot francés chail, chaillot, caillou, gascon caillau. L'etimologia deu mot "caillou" que demora debatuda. L'airau d'aqueste mot que sembla d'origina estrictament galloromanica. En dehòra, non s'arretròba pas sonque en portugués on i ei isolat devath la forma "calhau", un manlhèu gascon probable. Per la rason de que lo mot sembla mei galloromanic non pas romanic, que s'a postulat un etimon galés *caljo.  Que's poderé tractar deu mot galés atestat en composicion (cf. Delamarre, DicGaul): "epocalium" virat en latin com a  "ungula caballina", o sia esclòp (de shivau). Ua composicion semblanta qu'ei utilizada  tanben entà designar
lo tutanh  (Tussilago farfara) emplegat com a remedi  contra la tossiquèra:  "ad tussem remedium efficax herba quae Gallice calliomarcus, Latine equis ungula vocatur" (Marcellus de Bordeaux, Lib. Med. ). *Markos qu'ei sinonime d'*epos en galés (shivau en gascon),  o sia calliomarkos que significa literaument "callio" de shivau o sia esclòp (lo deu shivau). La fòrma de las huelhas deu tutanh qu'evòca la d'ua traça de pas qui deisharé un shivalet au sable, d'aquiu los noms populars balhats tà la planta : pè de porin, pè de mulet. En las lengas neocelticas, lo mot (se non un omonime, cf. latin coleus, gasc. colha) que designa los testicules: caull en irlandés vielh, caill en guallés, kel en breton. Jo que'm pensi lo sens prumèr deu noste mot kallio(n)  que poderé estar lo de pèira, d'aqui chail en francés, e los derivats caillou en francés,  calhau en gascon (*kalliavo-). Alavetz, per metafòra, l'esclòp que poderé estar comprengut literaument com "la pèira deu chivau" pr'amor qu'ei ua partida dura e insensibla de l'animau. De l'aute costat, a prepaus de la significacion neoceltica,  l'assimilacion de testicules dab calhaus n'ei pas impossibla, se n'ei pas meilèu lo resultat d'ua contaminacion semantica o un omonime. En efèit, l'associacion semantica  testicule dab calhau  que s'arretròba dab un aute mot en guallés: aren qui significa au còp arnelh, testicule e pèira (Matasović, EtDicProtocelt.  L'arraditz IE deu mot kallion qu'ei supausadament la medisha que la deu latin callum (un cognat possible): cath, duror (fr. cal, durillon) e probable la deu mot "caletos" tanben. "Caletos" que significa "dur" en proto-celtic, possiblament etimologicament "glaçat", " segon Joseph (cf. los Dic de Delamarre et Matasović). En tot cas lo concèpte generau e seré quauquarren de dur. Lo mot gascon galhet, tròç dur de pan, que poiré partjar l'etimon kallion.  Lo concèpte de causa dura que's pòt aplicar a totas las significacions d'arralh, arralha en gascon: glaç, pèira e barrolh. Quant au prefixe are- , qu'ei hòrt utilizat en las lengas celticas tà construir mots, compausats o derivats. Que significa en generau au devant, près de, au ras de (Delamarre, Matasović); a còps a causa de, per'mor de, per, segon A. Ward. 
Alavetz *are-callio, perqué non, dab la significacion etimologica de quauquarren com  "peirada" (provocada per l'erosion). La significacion meilèu idronimica deu mot aragall en catalan que poderé lèu proviéner d'ua contaminacion per un derivat d'"aqualis", cat. modèrne aiguall,  cf. agau en gascon e la galera (l'agalera) en la toponimia catalana. 

De segur, aquesta ipotèsi etimologica n'ei pas la soleta e n'ei pas briga acertada. Qu'ei teoricament possibla, mei dab un pòc d'imaginacion e tienent en compte lo fèit qu'èm en ua region de substrat bilingüe celtic e aquitan, lengas largament desconegudas, d'autas ipotèsis que son possiblas. La discussion aquiu que demora un chic vana e lo mistèri que demorarà. 


En tot cas, que'm hè gai de destacar ací ua familha de mots tipicament gascons, dab cosiatge en astur-leonés, cantabre, castelhan (lo yeismo qu'indica un manlhèu probable d'un parlar astur-leonés o cantabre) en en catalan. Lo mot "argalh", "arralh" qu'ei ancian, segurament pre-roman, celtic o aquitan, e qu'ei gasconissim en har part de la toponimia e de l'onomastica gasconas (La raillère, Larraillet). Desgràciadament, n'èi pas  accès a un diccionari aragonés pro complet entà verificà'n la preséncia e las fòrmas deus membres d'aquesta familha en aragonés. Qu'ei ua manca terribla per l'estudiant de gascon qui soi. Sauv error de part mea, n'èi pas trobat nat membre de la familha en dehòra de l'airau aquitanopirenenc e iberoromanic. 





dissabte, 2 de novembre de 2019

Etimologia deu vèrbe "tumar".

Ua enigma per jo qu'ei l'origina deu mot gascon "tumar" qui significa en francés "cogner" i, en particular, "cogner de la tête". en parlar deus armugants dab còrns. Coromines (El Parlar de la Vall d'Aran) que pensava "tumar" qu'èra la forma gascona de "tombar". Aquesta ipotèsi de derivacion que pausa un doble problèma. Lo prumèr qu'ei semantic. Lo dusau qu'ei fonetic. Totun la question fonetica que la coneishem en francés tanben e que i tien un explic. En aquesta darrèra lenga qui  i avè lo mot (uei extint)  "tumer" var. "tomer" qui significava prumèr "danser, sauter, faire la culbute" e quitament "tomber" (Dic. Godefroy). L'etimon qu'ei germanic, probablement un vèrbe deu francic ancian "tumôn", cognat de l'aleman mejan tumen:  sautar, har lo virabòc, har la cabiròla, càder (cf. FEW "túmôn, CNRTL: tomber). Que sembla plan lo mot "tomber" qu'estosse a l'origina ua varianta simplament fonetica de "tomer" o "tumer" per addicion de la b qui apòrta un guadanh d'expressivitat a la fonetica, shens cambiar-ne la significacion , o sia qu'aqueste còp (un còp fa pas puta, com se ditz en occitan) qu'ei plan lo mot dab "mb" qui derivaré deu mot dab "m" simpla e non l'invèrs. Alternativament, "tomber" (oc. tombar) que seré un mot d'origina onomatopeica qu'acabè per estar con.honut dab "tumer" e lo prumèr qu'espudí lo dusau segon l'explic deu CNLRT peu mot "tomber". Personamuent, ne crei pas lo CNTRL ni lo FEW sus l'origina onomatopeica de "tomber, tombar" pr'amor lo men cervèth n'i sent pas nada onomatopèa. Per contra que crei beròi au guadanh expressiu de la fòrma "tomber" (anticament tomber/tumber) qui seré simplament ua varianta fonetica de "tomer / tumer" de fèit. Qu'insisteishi: en francés ancian, n'observam pas nada diferéncia de significacion enter las duas fòrmas, la dab "b" e la shens "b". En francés deu sègle 12, "tomber", var. "tumber",  que  significava "danser, sauter, faire la culbute" exactament com "tumer" var. "tom(i)er" (cf. CNRLT e lo dic. Godefroy).  Per jo, l'etimon de totas las fòrmas que deu estar lo vèrbe francic túmôn  e l'addicion de "b" que s'explica per comoditat fonetica o possiblament per ipercorreccion a la mòda (e possiblament d'origina) occitana. En occitan, tombar i ei atestat dejà au sègle 12 segon lo Dic. Gen. Leng. Oc. de l'Acad. Oc. Aqueste guadanh expressiu qu'explica lo succès de la varianta qui acabè per espudir la fòrma shens b en francés, mentre qu'en occitan stricto sensu la fòrma shens b qu'estó confinada a un registre estrictament pastorau, probablament manlhevat deu gascon.

B'ei probable, en tot cas, que "tumar" sia lo cognat gascon deu mot francés "tumer". Totun que demora per explicar la deriva semantica gasconista. En gascon, "tumar" que significa "heurter",  "cogner" e particularament "cogner de la tête" en parlant de las bestias dab còrnas. Que l'explicam com a gasconisme d'origina pastorau, puish lo mot que devè s'aplicar prumèr au bestiar dab còrns, significacion geograficament la mei espandida puishque concerneish tota la serralada pirenenca de Bearn dinc a la Mediterranèa. Quan tuman, la ua contra ua auta, las bèstias dab còrns com las cabras e ovins que començan per auçar las duas patas davantèras au còp  entà executar ua sòrta de saut, çò qui justificaré lo mot au sens francic: "danser, sauter, faire des cabrioles". Puish lo mot que prengó la significacion de "cogner de la tête" e mei generaument "cogner, heurter" en gascon. B'ei possible que i aja influx deu latin tumefacere , har tuma, tumahar conhonut dab tumar entà miar tà la significacion generau de "cogner" "heurter"com ns'ac suggereish l'etimologia prepausada per Pèir Morà (Dic. TeG) tumefacere -  > tumar. Lo mot "tumar" (jouer des cornes pour les bovins, ovins, caprins), considerat com a gasconisme pastorau per Coromines e lo FEW, que s'espandi peu penent nòrd de la sèrra pirenenca deu gascon dinc au catalan rosselhonés de l'un costat e dinc au basco de l'aute (tuma: "idée de heurt" en soletan segon Dic Basque- Français de Pierre Lhande). Se lo basco sembla ignorar la significacion ligada a la cornada, guardant la significacion generau de "cogner, heurter" eretada deu biarnés, per contra en occitan, lo mot n'a pas sonque la significacion estrictament pastorau (cf. lo dic. Academ. Oc). Ne son pas sonque las bèstias qui tuman en occitan stricto sensu. En catalan (rosselhonés), la significacion de tumar o tomar qu'ei la medisha qu'en gascon: cogner, en particulier avec la tête.

divendres, 11 d’octubre de 2019

Coma, comba, vaticomba; com, comet, vaticomb.

Au contra deu mot occitan "comba", lo mot gascon "coma" (s.f.) non significa pas sistematicament "combe" o "vallon". Qu'ei ua beròia taleja pr'amor "coma" e "comba" que son de segur duas fòrmas deu medish mot, que derivan totas duas de "cumba", fòrma femenina d'un mot galés (cumbos /a) qui significava "concau/ ava" e qui designava ua sòrta de vath en latin. Totun en gascon, segon Palay, lo mot "coma" que pòt designar, de manèira pro antinomica, un tuc, un somet (Ved. coume en Palay: colline, petit sommet) e non pas tostemps ua vath. D'on vien aquesta significacion? L'explic probable que'u trobam en... catalan.

En efèit, qu'arretrobam lo noste mot "coma" en catalan. Que i tien duas significacions. La prumèra qu'ei la deu registre geomorfologic, la "normau" en conformitat dab la significacion etimologica: circ o vath formant ua concavitat, combe o vallon en fr.. La dusau qu'ei pirenenca e que hè brembar la significacion deu mot gascon. En efèit, en catalan lo mot "coma" que i designa un prat situat en un lòc elevat, un peisheder en un som pòc penut, planèr, tostemps un pastenc shens precipici. Aquiu qu'avetz la definicion qui'n hè lo D.C.V.B.:
2. Prat alterós, generalment situat en cims aplanats, ric de bon herbatge i molt estimat per a pastura (Alt Empordà, Ripollès); cast. loma. Heu d'anar a tombar aquella coma que's veu d'ací, Massó Croq.

Aquesta significacion d'estiva, de pastenc, que denòta a l'evidencia ua origina pastorau. Com los pastors en la Catalonha d'autescòps èran gascons, b'ei probable qu'aquesta significacion deu registre pastorau en catalan e sia un eretatge deus Gascons acerà. En tot cas, lo concèpte deu mot "coma" aquiu que s'opausa au de "galihòrça" on las estivas pròishe deus pòrts e presentan un perilh potenciau peu bestiar a causa deus precipicis (galihòrça = precipici =perider). 

En gascon segon Palay, lo sens especific de "comba" (sòrta de vath ) qu'ei reservat a ..."comba" o meilèu au sintagma aparentat "vaticomba" o "varicomba", qui's pòt compréner com a vath de fòrma concava o com a coma de la traca de vath. Lo sintagma que permet d'evitar la confusion dab la significacion de som en designar ua sòrta de petita vath (fr. vallon), quitament en fòrma de barranc (fr. ravin). O sia lo gascon segon Palay que s'a guardadas las duas fòrmas, coma, var. comba e vaticomba o varicomba dab significacions mei o mensh especializadas. Lo TeG (P. Morà) que contraditz la definicion balhada per Palay en balhar ua definicion estrictament "occitana" a coma: s.f. vath, depression alongada enter dus penents qui se hèn cap a cap ; galihèrna, baricomba. Ne parla pas de tuc ni de somet. Quitament en aranés, la significacion demora l'occitana, en acòrd dab lo TeG: coma s.f. petita prigondor que non arribe a èster barranc, que va de naut en baish dera sèrra" (Dic. aranés). La significacion de "som", "somet" qu'ei totun plan atestada per l'ALG peus Pirenèus de Varetons dinc a Coserans (cf. la nòta avisada de J. Lafitte a "coume" a la soa edicion deu dic. Lespy-Raymond). Lo diccionari de gascon "tòi" de J.-L. Massourre que confirma aquesta definicion en balhant las duas significacions au mot coma (coume): la de petite vallée d'altitude e la de sommet, aquesta darrèra plan atestada per la toponimia locau. L'ALG que precisa per "coma", a Barèja, "sommet arrondi", que's tracta plan aquiu deu "cim aplanat" de la definicion catalana. Jo que'm pensi l'explicacion d'aquesta significacion de cim, somet, som arredon, que ns'ei balhada per la definicion catalana qui n'a conservada la significacion deu registre pastorau: estiva shens precipici qui's troba en un cim o a proximitat. Lo mot "coma" que degó designar prumèr un pastenc shens precipici (la coma geomorfologica) puish va designar los pastencs shens precipici on qu'estossen per opausicion dab las galihòrças, en particular las estivas qui's troban en cims arredons, pas necessàriament de baisha altitud, o sea shens que las "collines" de Palay si la geomorfologia ac permet,. Çò d'important en la definicion implicita deu mot "coma" com a pastenc qu'ei, ça'm par, l'abséncia de precipici. L'atraccion d'un aute etimon que ns'ei suggerida per FEW com a auta ipotèsi per explicar aquesta deriva semantica (lat. cŭmŭlus segon FEW, G. Balloux, com. personau). Personauments, n'i crei pas tròp a l'influéncia de cumulus. Los gascons que son acostumats a balhar significacions antinomicas aus mots shens influx de nat aute. Per contra, la preséncia o non d'un ancian "cortau" o "sarralh" en aquestas comas cimeras que seré d'investigar. N'ei pas impossible (shens pròva ni argument) qu'aquesta "coma" pirenenca e designèsse de fèit un cortau circular d'estiva, un sarralh circular d'altitud, un "sel" entà emplegar lo mot cantabre, on s'i botava a la sela (s'i asselava, s'i acessava) lo bestiar tà passà'i la nueit a l'empara deus predators, ors e lops. Aquesta darrèra ipotèsi qu'explicaré aisidament la pèrda d'usatge deu mot "coma" dab aquesta significacion especificament pirenenca en la lenga modèrna. Los cortaus ancians circulars (de paus de husta aperats baranas) que dispareishon deu paisatge, non demoran pas sonque los prats e lo som. Qu'avem hòrt d'exemples clars d'associacion d'un som e d'ua "coma" en la toponomia, tant la catalana com la gascona, de Varetons dinc au Pirenèu orientau. Per exemple, en Cerdanha, la Coma Morera qu'ei lo nom d'un cim de 2200 m d'altitud dont lo som ei, en efèit, arredonit e propici au peisheder, ved. aquiu.

De notar lo catalan qu'a autanplan manlhevat lo mot gascon "galihòrça" adaptat en "gallorsa", conservat hens la locucion "dret de gallorsa", qu'ei a díser ua taxa qui calè pagar au proprietari d'un peisheder, estiva o pastenc -en generau ua comuna- entà i poder deishar pèisher lo son bestiar. 

Au mot "coma" s.f. que correspon ua fòrma masculina "com" s.m. en gascon, autanplan "cóm" en catalan. Lo mot "com" (s.m.) que designa un recipient deu tipe abeurader (fr. abreuvoir) on s'i recuelh aiga de hont. Que pòt autanplan designar un tòs (var. comet - cf. dic. Massourre, fr. auge, en particulier du porc) o ua sòrta de cuba (comet, en Bearn = fr. cuve à foulon) . Lo mot "com" que s'arretròba en agenés on i designa ua soca d'arbe cavada tà arrecuélhe'i aiga. L'etimon qu'ei enqüèra lo galés cumbos /a = concau /ava, cau, cava que serviva tà designar shens qu'ua sòrta de vath (en guallés cwm = "vallée encaissée cf. FEW et Delamarre, Dic. Gaul), que podèva autanplan designar un recipient cavat, un tòs cf. Delamarre, Dic. Gaul. O sia que la significacion de recipient, d'"auge" deu mot com qu'ei un beròi celtisme. De fèit, en breton, komm que significa tòs, com, fr. auge.  En catalan tanben, que trobam aqueste mot grafiat cóm, la definicion qu'ei com sec (D.C.V.B.):

 Recipient rústic on es posa el menjar o abeurall dels animals domèstics, i principalment del porc (or., occ.); cast. dornajo. Sol esser un tros de soca amb una concavitat longitudinal, però també es diu cóm la pica o altre recipient de pedra destinat al mateix ús indicat.

Qu'ei probable lo mot "cóm" que sia un prèst gascon en catalan. En efèit, aqueste mot dab aquesta significacion qu'ei estat collectat en catalan de Catalonha au còp a la varietat occidentau com a l'orientau (D.C.V.B.). Totun, n'ei pas deu lexic balear, ni deu valencian (D.C.B.V.). En catalan generau, lo mot qu'ei "obi".

En gascon, lo vaticomb que designa lo bassin d'aiga devath lo molin.

dijous, 3 d’octubre de 2019

Reson, rason; seson, sason; damorar, demorar; trabuc, trebuc; cat. amarar, amerar.


En gascon, "reson" qu’ ei sovent considerat com a « francisme ». A gran tòrt.  Per comuna e espandida que sia, aquesta afirmacion qu’ei erronèa. "Reson"  var. "arreson", "arrezon",  qu’ei normau en gascon baionés e landés. La fòrma que i ei dejà atestada au sègle 13. 

Baiona : reson, 1278; arrezon, 1294, arreson a Vèiris en 1256  (cf. Luchaire).

Aquiu qu’avetz dus exemples tirats d’un document baionés de 1278:

"En tot caas or clamor se fey au maire de parthide, cap enquest, sino en caas de crim; et le reson per so quar le parthide sera assabentade et puyri s-en anar et abscentar-se." ( DAG vol 17 par. 2197)

"Et queste es le reson per que convin que le part sie present, per so quar y puyrin aber dus o tres o plusors homis qui puyrin bey estar de un nomi e de hun suberomi." (DAG vol. 20, par. 2491)

Autanplan en ua ordenança biaionesa de 1294 qui regeish las construccions urbanas (com. M.-C. Duvielha):


 ”per arrezon de fucs se podossen e poden seguir e abier a le biele e aus habitans de Baione...”

En dehòra d’aquesta zòna estremoccidentau, lo mot que va generaument dab ua « a » : rason, var ; arrason, arrazon, radon  (cf. Luchaire, Lespy).

De la medisha manèira, lo mot latin "sătĭo" que miè au còp tà "seson" e "sason" en gascon. "Seson" qu'ei la fòrma landesa, com "reson" (de 
"rătĭo"). Lo diccionari de Foix n’admet pas sonque seson e reson (transcriuts dab ua gràfia felibrigenca). 

Per contra, lo mot "săcrătu-" que miè sonque tà "segrat", dab "e" tostemps. Quant au mot "săcrămentu-" que miè, eth tanben, tà un doblon en gascon ancian : segrement e segrament cf. Lespy).

Aquesta vacilacion enter  "a"  i "e" pretonica que’s deu explicar per la fonetica d’aquestas vocaus en gascon occidentau ancian. Que supausi las "a" i "e" pretonicas que s'i prononciavan parièr, probablament /ə/ com en catalan orientau contemporanèu. Aquesta ipotèsi que m'ei suggerida per ua fauta constanta qui hasè l’escriba de Fontarràbia Lázaro d’Otanoz en espanhòu (1526). En plaça d’escriver "at(t)ender", qu’escrivèva tostemps "at(t)aner" o sia en ahíger duas pècas au medish mot: simplificacion nd > n (trèit gascon e non castelhan) e confusion fonetica enter l'"e" i l' "a" pretonicas. Aquesta confusion fonetica enter la « a » e la « e » pretonica n’existeish pas mei en gascon contemporanèu, cada vocau qu'a arretrobat ua valor pròpia en posicion pretonica, au contra deu cas en catalan orientau. Aquò qu’explica los doblons fonetics  ə - > a i e ; com "rason" /"reson" ; "sason" / "seson" ; "damorar" / "demorar" ; "trabuc(ar)"/ "trebuc/ar" ; etc.

 En catalan orientau, la confusion que demora. En posicion pretonica, tant l'"a" com l'"e" pretonica que's pronóncian /ə/. Qu’ei interessant de constatar lo catalan qu'a produsit cas semblants de doblons, exactament deu medish escantilh. Qu’ei lo cas, pausat per exemple, deu vèrbe "amarar", antigament e locaument "amerar". Aqueste vèrbe qu’ei probablament un prèst deu gascon ("amerar"). L’etimon que n’ei lo mot latin "mĕrus" qui vòu díser "pur". La significacion qu’a lo vèrbe en las duas lengas, gascon e catalan, qu’ei "diluir", "mesclar", "har impur". Qu’ei exactament lo contrari de la significacion etimologica. Qu’auloreja a gasconisme, aquerò ; lo gascon qu’ei conhit de contrasens d’aquesta traca (cf. chautà's o chautar-se, shautar-se; autaplan "coma" - la depression geomorfologica e lo tuc, lo somet etc., etc). En gascon contemporanèu, "mèr /-a" que significa plan « pur /-a », com "mer /a" en catalan;  totun, en gascon, un derivat afixat de mèr, concrètament "merac", que significa au contra "cascant", "lord", "hangós", apuntant cap a ua significacion gasconista a contrasens (i extinta) de "mèr" a l’origina de la significacion "har impur" deu vèrbe "amerar". 
Lo gasconisme en catalan n'estó pas detectat per Coromines, pòc sensible au fèit gascon en Catalonha a maugrat de la soa tèsi sus l'aranés. Aqueste mot "amerar" que’s prononciava probablament /əmə'ra/ en gascon ancian, prononciacion conservada en catalan orientau. Adara, quina valor a d’estar balhada  tàd aquesta vocau quand vad en posicion tonica a la conjugason ? En catalan occidentau, qui pronóncia de manèira "clara" l'infinitiu (cat. pirenenc occ.  /ame'ra/, valencian:  /ame'rar/); non i a nat problèma, "(jo) amere", de l'infinitiu "amerar". En catalan orientau (Perpinhan, Barcelona, Palma) qui pronóncia l'infinitiu /əmə'ra/ , la « a » que s’impausè a la posicion tonica : (jo) amar(i/o/-), infinitiu : amarar. Donc, qu’arretrobam un doblon semblant aus nostes en catalan : amerar /amarar. Amarar qu’ei la fòrma deu mot en estandard principatin e balear, mentre amerar qu’ei la fòrma valenciana e gascona, confòrma a l'etimon latin mĕrus. Que jo sapi, lo vèrbe "amerar" n'ei pas present en occitan.


dimecres, 25 de setembre de 2019

Pourquoi je pense qu'on parlait gascon à Saint Jean-de-Luz au 17ème siècle.

P. Yturbide a publié des textes de traités du 16ème et 17ème siècles destinés à l'entente entre  Guipuscoans, Biscaïens et Cantabres des "cuatro Villas" (les 4 principaux ports de la Cantabrie voisine: Castro, Laredo, Santander et San Vicente de la B.) d'une part , et les  Labourdans, Bayonnais et Gascons de Capbreton. Dans un deuxième temps, se joindront à ces traités les Bordelais d'un côté et  les Asturiens et Galiciens de l'autre. La teneur de ces traités, c'était du genre (en substance):, on oublie tout et on efface toutes nos petites (ou grandes) querelles, on commerce gentiment entre nous ou avec d'autres, en bonne intelligence et on ne cherche pas des noises et on ne s'en prend ni aux biens ni aus personnes

Je me suis intéressé à un de ces textes daté de 1536 écrit par un scribe de Fontarrabie Lázaro de Oronoz (voir p. 186 du texte de Yturbide). L'espagnol écrit par ce scribe présente quelques barbarismes qui s'expliquent par le fait que la langue romane propre de Fontarrabie était le gascon, comme à Saint Sébastien et Pasaje. Cette région de la côte basque espagnole était partie constituante du duché de Gascogne dès les origines de ce duché, ce qui rend très douteuse la théorie comme quoi ces communautés de gasconophones étaient d'origine "étrangère" au Guipuscoa . Sous la plume de notre scribe de Fontarrabie, le verbe espagnol "at(t)ender" laisse systématiquement sa place à un verbe d'allure curieuse, "at(t)aner " un barbarisme ou plutôt un joli gasconisme, car la simplification nd > n, c'est un trait du gascon étranger au  castillan. Notez aussi le "a" à la place du "e",  je reviendrai dans le prochain poste sur cette confusion qui s'explique par la phonétique du gascon occidental ancien et du catalan oriental de toujours. Et il y a aussi les formes du futur des verbes "venir" et "tener", très  étranges dans ce texte: "vernan" "ternan" au lieu de "vendran", "tendran". Le scribe ne maitrisait pas vraiment bien l'espagnol et n'avait pas trop intégré la grammaire, reprenant les formes gascones vieràn e tieràn (des verbes vier et tier) en corrigeant la diftongue créé par la cicatrice de la perte du n gascon et en rajoutant un n, mais au mauvais endroit. Lázaro de Oronoz était à l'évidence gasconophone et non hispanophone de naissance. 

Mais ce n'est pas tant pour la qualité de l'espagnol que je me suis intéressé à ce texte. C'est plutôt pour examiner les prénoms et titres des quatre représentants (diputados) de Saint-Jean de Luz et du Labourd. J'ai déjà dit que j'avais de bonnes raisons de penser que le gascon était parlé à Saint Jean de Luz à cette époque (je dois être le premier et, pour l'instant, à peu près le seul à le penser). Je crois cela à cause du mot "cachalut" recueilli comme mot en réponse à la question "Quel est cet animal?" posée à  Saint Jean de Luz en 1628 (voir à "cachalot"dans le CRTL). Or mes lecteurs réguliers savent comme moi que ce mot "cachalut" est gascon (fr. "dentu"). Il changera d'affixe  un peu plus tard pour aboutir à la forme moderne "cachalot", apparu pour la première fois toujours dans ce même coin du Pays Basque  en 1675. Le mot "cachalut" fait sens en gascon, le cachalot ayant des dents alors que les baleines n'en ont pas. Ce mot ne peut pas être du basque, le "u" /y/ de cachalut est imprononçable en basque navarro-labourdin. La question est donc: a-t-on d'autres éléments permettant de supposer que des Basques  de Saint-Jean de Luz  parlaient gascon? Intéressons-nous  aux prénoms des représentants de Saint-Jean-de-Luz- Labourd qui ont signé le traité et pausons-nous la question si ces prénoms sont gascons. Les scribes espagnols avaient tendance à castillaniser les prénoms de leurs correspondants français de manière très standard (Jean, Juan; Pierre, Pedro; François, Francisco etc.. Simple, encore fallait-il que le prénom fût français. Sur les 4 représentants de St Jean de Luz- Labourd , au moins deux  voient leurs noms conservés sous leur forme originelle. Ce ne sont pas des noms français. Mais ils ne sont pas  davantage espagnols. 

Le premier représentant de la circonscription de Saint Jean de Luz - Labourd (Bayonne avait ses propres représentants, on ne s'en occupe pas ici) était le maire de Saint Jean de Luz, Martin de Pelentto, tandis que le deuxième représentant de cette circonscription était un autre Martin, Martin Saenz de Larralde. Le prénom Martin passe partout, espagnol, français comme gascon, à l'accent près. Il est neutre dans notre problématique.

Le troisième représentant nous sauve. Son nom n'a pas été traduit en espagnol, même la graphie française du nom a été conservée.  C'est Mouchon Menjougou de Agorretta. Dans Mouchon, mon oreille gasconophile (pour ne pas dire gasconomane) entend Moussen, en fr. Monseigneur, version "neugue" ("Moucheun"). Le gascon de la Côte Basque est en continuité dialectale avec celui de la Côte Landaise, c'est du gascon "neugue".  En espagnol, langue qui ne connait pas ce son /ø/ de "Moussen", le mot a été transcrit comme "Mouchon".  C'est donc Moussen Menjougou de Agorretta, un ecclesiastique. Menjougou est un diminutif de Menjou, c'est à dire Dominique  en gascon. Le mot menjou qu'on peut entendre  comme signifiant " le plus petit" est aussi employé comme diminutif de Doumenge (Dominique). Et comme si on a oublié que le prénom Menjou représente en fait Doumenjoun, on lui a ajouté un affixe diminutif. Ce "gou" affixé à Menjou  représente le diminutif basque -ko gasconnisé en -gou ou -go: le dit Menjougou signe lui-même Menjougo. Ce prénom Menjougou est indubitablement gascon (à la sauce basque). Ces gens qui parlaient gascon n'en étaient pas moins basques.

Le quatrième représentant de St Jean de Luz - Labourd a également un prénom gascon: Marticot qui est en fait un dérivé affixé deu prénom  Martin qui, en gascon, se temine par un "n" vélaire donc instable, c'est-à-dire qu'il se perd lorsqu'il se retrouve en position intervocalique dans les mots dérivés.  Cette perte du n vélaire est un des traits caractéristiques du gascon. Le dérivé à consonnance affective est obtenu par la combinaison de deux affixes diminutifs -ic et -òt.  Le résultat de cette combinaison "Marticòt" est à comparer à son équivalent en euskara "Martiko", variante  de" Mattiko", diminutif de Matti variante Marti (fr. Martin). Le dit Marticot de Sante Esteban signe Marticot de Sante Esteuen. C'est gascon de bout en bout, le prénom est gascon (à la mode basque) et Esteuen est la prononciation gasconne de Esteban. Saint Esteben (Sent Estèven ou Sent Estève en gascon) est le nom d'un village de Basse-Navarre (Donoztiri en basque).

Ces prénoms gascons portés par ces représentants de Saint Jean de Luz et Labourd en plus de la collecte de ce mot gascon "cachalut" provenant du parler luzien incitent à penser qu'on parlait gascon à Saint Jean de Luz autrefois et que c'était encore le cas au temps de Louis XIV.

Pour consulter le très intéressant article de P. Yturbide, il faut aller