diumenge, 16 de maig de 2021

*Uasso, un étymon gaulois pour le mot "vailet" en gascon? Pas si sûr...Plutôt le latin bajŭlus.

 En français, l'étymon du mot valet  est le mot gaulois *uasso- (proto-celtic *uarso-) qui signifie serviteur. Le mot vassal en est une forme latinisée par affixation de vassus (vassus - > vassalus) facilitant l'adaptation en roman deu mot gaulois. Une autre forme adaptée par affixation était vasset qui était synonyme de vassal. On trouve aussi dans le Godefroy les formes vassel , vasselle, vaisselle, vasselet et vaisselet qui signifient soit vassal soit serviteur ou servante. Enfin on trouve le mot vaslet, ancêtre du mot français valet, que l'on fait dériver de vasselet par un évènement de délétion d'une syllabe. La forme varlet, que l'on trouve en picard, en wallon et en provençal aurait  la même étymologie, par rotacisme ( voir valet, CNTRL).  Donc protoceltique *uarso- > gaul.  *uasso- > lat. vassus >  lat. vassalus;  roman vassal et vassel  > vasselet - > varlet et vaslet - > valet. Cette séquence assez compliquée est toutefois généralement acceptée.

La forme strictement occitane est "vailet" que l'on trouve en gascon, également répandue en occitan à l'ouest du Rhone et en catalan jusqu'en valencien: vailet. Cette forme ne dérive pas forcément de "vasselet" via "vaslet", car cette dernière forme n'est, à ma connaissance,  pas du tout attestée ni en catalan, ni en gascon ni en languedocien. Les troubadours originaires de l'ouest du Rhône n'employaient que la forme "vailet", à l'exception du Roussillonais Guillem de Cabestany qui employait  "vallet", probablement la forme proprement catalane (pour "batlet", voir plus bas). Le troubadour provençal R. de Vaqueiras employait la forme française de l'époque "vaslet".  Il n'est pas obligé (ni impossible) que le mot proprement occitan "vailet" dérive de "vasselet" via "vaslet". L'absence totale d'attestation de cette forme "vaslet" en gascon, ancien comme moderne, permet toutefois de douter de la pertinence de cette dérivation. J'ai une autre hypothèse étymologique, latine et non celtique, qui explique beaucoup plus simplement le mot gascon "vailet" (baylét). J'explique à la suite les arguments qui me font adopter cette hypothèse non conventionnelle. 

Le mot bajŭlus  signifiait en latin "portefaix" et a pris le sens de serviteur en roman. C'était bien le sens du mot de l'ancien français "baille" qui  dérive de bajŭlus  en droite ligne (définition du mot "baille" dans le dictionnaire Godefroy d'ancien français: "baille: celui qui est au pouvoir de, valet, serviteur").  C'est aussi par ce mot qu'on désignait le maire autrefois, un héritage médiéval. En gascon le mot existe toujours avec ce sens de maire même s'il est un peu éculé, c'est bàyle, var. bàylou (Palay). En gascon "baylét"  veut dire valet alors que "baylòt" désigne un petit maire (cf. Palay).   En catalan, le mot batlle, du latin bajŭlus,  signifie toujours maire (voir ).  En catalan est aussi conservé localement le mot batlet pour désigner l'outil de menuiserie, le valet (cf. D.C.V.B, Alcover-Moll). Ce mot catalan "batlet" renvoie au mot "batle" qui est la forme ancienne de "batlle" (D.C.B.V.; voir aussi ) ce qui confirme que c'est bien "bajulus" l'étymon pour ce mot catalan désignant le valet menuisier, comme pour "baille" en ancien français et donc pour baylét (vailet) en gascon. Le catalan a aussi emprunté le mot occitan vailet, attesté dès le 14ème siècle en valencien, qui a du se substituer à batlet (grafié vallet par G. de Cabestany). Les Catalans ont également emprunté la forme provençale "varlet" devenue "barlet" qui, en catalan, n'a que le sens de l'outil de menuiserie, le valet. Autrement dit, "barlet" est la forme provençale synonyme de la forme proprement catalane "batlet" , ce dernier restant non incorporé en catalan normatif, contrairement au mot "barlet"


L'hypothèse de la dérivation du mot gascon "vailet" à partir de "vasselet" suppose une séquence assez compliquée qui, au final, reste douteuse et, en fin de compte, assez peu crédible puisqu' elle impliquerait un intermédiaire "vaslet" dont on a trace nulle part en gascon, ni l'ancien, ni le moderne. Notre mot a bien pu dériver beaucoup plus simplement de bajŭlus, comme c'est le cas pour les mots "baille" (synonyme de valet)  et "batlet" (valet de menuiserie), respectivement en ancien français et en catalan. En gascon, on aurait donc la séquence suivante: 

lat. bajŭlus - >gsc.  baile - > gsc. bailet (affix.). 

Il est probable que les deux mots d'étymons distints, le latin et le celtique,  se soient croisés: bailet x vasselet, ce qui expliquerait les différentes formes romanes: vaslet, varlet, vailet et valet. On aurait ainsi le résultat de la rencontre de deux étymons synonymes: le gaulois *uassos (lat. vassus)  via le mot roman "vasselet" et le latin bajŭlus  via le mot gascon "bailet" devenu "vailet" en dehors de la zone gasconne par influence de "vaslet", ce dernier mot dérivant de "vasselet" par réduction syllabique.  





diumenge, 2 de maig de 2021

Barrar, barra, barrica, barrèra une famille de gasconismes voyageurs (fr. barrer, barre, barrique, barrière), étymon latin vallo, vallāre (fermer par une palissade), vallus (pal).

 Barrar, barra, barrè(i)ra etc;  fr. barrer, barre, barrière etc voici une famille de mots pour lesquels on n'a pas d'hypothèse étymologique très convaincante, ce qui a conduit à supposer un étymon inconnu pré-latin  (voir barrar dans le G.D.L.C.). On a supposé un celtisme mais aucun étymon celtique connu ne semble bien correspondre. L'étymon gaulois "barros", tête, extrémité, semble sémantiquement peu pertinent".  Alors permettez-moi de vous en proposer une explication étymologique assez simple, à la fois latine et typiquement gasconne. L'évolution historique de la phonétique gasconne, très particulière, explique que la relation du mot avec celui du latin classique soit passée quelque peu inaperçue. 


Du verbe latin vallo - vallāre (fermer par une clôture de pieux, entourer ou clore un lieu par une palissade) ont dérivé le verbe (éteint) en ancien français "valer "(entourer d'un rampart, ramparer cf. Dic. Godeffroy) et le verbe espagnol "vallare" : cercar o cerrar un sitio con vallado (DRAE), c'est à dire entourer ou fermer un lieu avec une palissade, une clôture. En catalan, ce verbe "vallar" a subsisté sous la forme affixée vallejar (creuser une excavation), le verbe vallar signifiait à l'origine entourer  par un "vall" (s.m.),  deu latin "vallum" qui désignait la palissade, entendu aussi au Moyen-Âge comme "fossé" d'où le substantif catalan vall (s.m) (fossé, excavation) et le mot des troubadours  val (id.). Aujourd'hui en oc. on dit plutôt un "valat" (fossé), ce mot est bien le cognat de l'esp. "vallado" (clôture) et du gascon "varat" (fossé). Barrar est tout simplement la forme gasconne qu'a prise le verbe latin vallāre, dont la signification latine, conservée en espagnol et en gascon, était bien celle de "fermer" (originellement: par une palissade), "clôturer" (originellement: par des pieux) (latin vallus= fr. pal, pieu). "Barrat" (s. m.) a encore le sens de clôture en gascon, comme son cognat espagnol "vallado",  et en gascon, "barròt" signifie bien bâton (lit. petit pieu). 


En résumé: du verbe lat. vallare (clore par une palissade, entourer d'une palissade -lat.  vallum = palissade; lat. vallus = pal, pieu) est issu très régulièrement le verbe gascon (b/v)arar (fermer par une clôture ou un fossé) conservé sous la forme de son substantif varat (fossé). Le verbe lui-même  (v/b)arar a évolué en "barrar" (fermer), cette gémination expressive permettant de distinguer le concepte de clôture (barrat, s.m.) de celui de fossé (varat, s.m.) (le gascon ne distingue pas le "v" du "b"). Les deux mots gascons barrat (clôture, fermé) < latin vallāre ) et varat (fossé, de varar < lat. vallāre) sont en fait absolument cognats, c'était le même mot à l'origine. La généralisation de la gémination chez les membres de cette famille de mots gascons est relativement tardive dans l'histoire du gascon, on trouve encore la forme "bareira" (graphié ainsi pour "barèira") au 12 ème siècle,  en concurrence avec la forme "moderne" avec géminée barre(i)ra (pour barrè(i)ra, cf. le glossaire de Luchaire). Le mot "varat" a échappé à cette gémination, probablement préservé par attraction des dérivés gascon du latin "vallis": devarar, devarat (fr. dévaler, dévalé). En revanche, seule la forme avec géminée "barra" a été incorporée en latin médiéval - un gasconisme en latin, comme on l'a déjà vu avec  "galeta" (< canalĭtta, le récipient à col ou bec genre burette, rien à voir avec la galette) - et c'est bien sous cette forme "barra" que le mot a du voyager, véhiculé par le latin. Cette gémination expressive (de violence ou de défiance, de dégoût) n'est pas exceptionnelle en gascon. Par exemple, le mot du gallo "marache" (sorte de petit requin) est devenu en gascon "marrache" (aussi graphié marraisha) et du latin pellissa a dérivé le mot gascon perrissa. On peut supposer, dans notre cas,  que cette gémination qui apporte un gain expressif au mot a pu être provoquée originellement par le sens brutal, agressif, du verbe "abarrotar" qui, en gascon, signifie bastonner, cogner à coups de "barròt" (bâton, gourdin < latin vallus).

Donc, le mot "barra" peut être le dérivé de vallum (palissade, plur. valla) voire même re-formé par dérivation a partir du verbe (v/b)ar(r)ar (lat. varāre): clôturer par une palissade ou (au Moyen-Âge) un fossé, une excavation. Barra est, de toute façon, le cognat gascon du mot espagnol valla (clôture, palissade). Le mot gascon avait probablement aussi le sens de pieu, pal autrefois, l'étymon ayant gagné la notion de fermeture en roman mais, en latin, le substantif "vallus" avait bien la signification de pieu, de gros morceau de bois, signification qu'on trouve conservée en gascon avec le dérivé affixé barròt (bâton, gourdin). Ce dernier pourrait tout aussi bien être un dérivé spécifique du latin "vallus" - pieu, pal-  avec affixation, peu importe, l'étymon est de toute façon le même dans les deux cas.  La forme masculine dérivée régulièrement de vallu- (palissade, pieu)  poserait en gascon un problème, elle serait homonyme du dérivé de vallis (vath) fr. val, vallée), comme c'est le cas avec val (fossé) et vall (fossé, id) respectivement en occitan et en catalan. D'ailleurs le mot des troubadours "val", normalement masculin (fossé), y est parfois traité comme féminin par confusion avec le dérivé de vallis (en oc. val, s. f).  Les mots gascons "barra" et "barròt" ne posent pas ce genre de problème. Si la relation morphologique avec l'étymon a été perdue grace à, ou à cause de, l'évolution phonétique très particulière au gascon, la relation sémantique avec l'étymon, en revanche, a pu être assez bien conservée en gascon même. Le sens de "pieu" du mot latin "vallus" se retrouve en gascon avec ce diminutif, "barròt"  (bâton, gourdin), qui, en gascon, s'emploie bien plus couramment que baston dans ce sens (fr. bâton), baston en gascon signifiant (aussi)  fourrage, litière . Baston est un mot exclusivement gascon, dérivé affixé de "basta":  bruyère, ajonc, plantes qui poussent dans les friches cf. eusk. "basati": qui est grossier, non cultivé, sauvage, de "baso": friche, bois. Cet étymon est possiblement à l'origine de l'hydronyme navarrais  Baztan correspondant à la Haute-Nive et que l'on retrouve en Bigorre (Bastan = qui est de la "baste", en friche, sauvage, toponyme de la vallée hérité par la rivière elle-même). Barta (barte) var. barda (barde cf. le glossaire de Luchaire) est probablement une autre forme du même mot, derivée par rhotacisme. Le mot  barte étant glosé en "silva" en gasco-latin médieval,  Luchaire  traduit le mot barte par "forêt" (cf. le glossaire). En gascon, la barte désigne en fait une friche inondable. 

Abarrotar signifie bien frapper à coups de bâton, bastonner, c'est un gasconisme sémantique qui n'a pas voyagé, la relation du mot "barròt" avec le concept de "pal", "pieu" du mot latin vallus ne pouvant être faite que dans la langue originelle, le gascon, et non dans les autres langues ayant acquis le mot gascon "barra" par le biais du latin (en latin: pièce de bois qui empêche le passage, barrière).   Par ailleurs, "barrat" (s.m.) a bien gardé le sens de "clôture" en gascon, exactement comme son cognat "vallado" en espagnol. Cette gémination des dérivés de vallāre et vallu-s/m a permis à la fois de créer de vrais faux nouveaux mots en gascon et de conserver la signification de l'étymon car, et il bien est là, le génie gascon, on ne peut pas confondre barra avec vath (vallée) ni même barrat (clôture) avec varat (fossé), en dépit de l'origine unique de ces deux derniers mots. 

Ce mot gascon "barra" été adopté sous cette forme en latin médiéval avec le sens originel de " pièce de bois  qui empêche le passage ", ce qui a du provoquer l'expansion de ce mot et des membres sa famille dans toutes les langues romanes et au delà. Le mot a plu, à l'évidence. Pour moi, pas de doute, c'est un magnifique gasconisme. Les linguistes ne s'en sont pas aperçus, c'est assez habituel, beaucoup ont effacé le gascon de leur radar en le confondant avec le provençal ou l'occitan. Ils ont tort! Ce mot ne peut pas être de construction occitane (sensu stricto), seul le gascon peut expliquer son évolution originelle à partir du latin, encore faut-il vouloir ou pouvoir garder le gascon en considération !!!  C'est probablement grâce à l'incorporation de ce mot "barra" au lexique du latin médiéval (probablement, à l'origine, sous la plume d'un ecclésiastique gascon, comme pour cet autre mot gascon passé au latin, galeta, pour désigner un récipient type burette, un flacon à col ou à bec) qu'il a pu aisément voyager dès le Moyen-Âge. Et il a pu, par la suite,  continuer son évolution en dehors même du roman pour atteindre une dimension universelle. Il est  devenu en lui-même un étymon !!!  Et, à ce propos, quand rouvrent les bars?  Los bars que son barrats!!! (Ecrit en temps de confinement :-D ).



Quelques étymons celtiques d’intérêt en gascon.

 La liste n'est évidemment pas exhaustive et sera amenée à évoluer avec l'addition de nouvelles entrées.

 

*Bonno- (frappe) > *bomo- (frappe, action de creuser, sillon de terre >  gasc. "vomet"  (affixé, sillon de la charrue),   cf. breton bom, buem, bomm : sillon de la charrue, sillon de terre.

Confusion avec gasc. vombre, vombret < lat. vomer (fr. soc)  d’où vomièr (P. de Corbac), vomèr, (archives médiévale) vomet, vome qui signifient "soc"  voir là.

 

*Bunno (butor) > gasc.  bom (butor), gallois bym (id .) 

N.-B. Bunno > bunnāno (affixation du précédent, id ) >  irl. bunnàn, (butor),  En eusk.. butor se dit "txori zezen", calque de l’esp. avitoro (oiseau taureau), qui est l’étymologie populaire du mot butor. Le celtique *bunno peut être rapproché du verbe *bud-no:   alerter, réveiller  (allusion au cri de l'oiseau qui évoque le son d'une corne de brume). 

 

 *Er(r)o-  (s.m.) aigle : ar(r)ian, ar(r)ianglo (vautour)  < err(o) + anglo.   anglo soit  masculinisation du mot gasc. "angla" ("anglo"= mâle de l’aigle) soit syntagme celto-latin  er(r )- V - aquilu-  aigle marron .  

*er(r)o > *er(r)āno - > eusk. arrano  (aigle) voire là. 

 

Gabro  (bouc) > gabre  (vieux mâle de perdrix, Palay).  Pour l’étymologie du mot gascon, cf.  Etym. Dic. Proto-celtic, Matasoviç qui renvoit à  Gamillscheg 470. L’occitan a aussi gabre (s.), gabrar (v.) qui sont cognats voir TdF. En breton gavr : chêvre < *gabra, irl. gabhar (id.). 

 

*Galā (bravoure, courage, vigueur)  via gālyo ( ?) (vif, brave, courageux) - > galhèir  (s.m.): force, vigueur , galhè(i)ra (état de ce qui est vigoureux),, galh (vif) etc.  cf. breton gailh : vif. 

L’étymon se confond avec le latin gallus : coq (cf le coq gaulois) . 

 

? *Garano (grand échassier : grue, héron, cigogne) -> gairin (héron, échassier de grande et moyenne taille) . C’est possiblement la confusion  étymologique d’un hypothétique dérivé gascon  de garano- (*garaŋ)  avec le mot gascon garia (poule, lat. gallina) qui a provoqué la formation de  ces dérivés aberrants de garia  servant à  désigner des échassiers de grande et moyenne taille  : *gar-aŋ x  gar i-a -> gairin; garia (accent sur le i)  - > gariòu  (hérons et échassiers) et gària (femelle du héron, dérivé dégressif de gariòu ou de garía). Le basque kurullo (grue) est un emprunt au latin ou roman  grua ou grulla X ollo.

 

*Glina (v) (coller)  -> glahar ; glanh, glahèr (fatiguer, ahaner ; mauvais état physique ou moral ). Cf. la formule de guérison citée par le médecin bordelais  du 5ème siècle Marcellus Emperius : exugri conexugri glion : sors, va-t-en chose collante. (voir )


*Kaliāko- (s.) (coq) :   calhòc (goéland, coq de mer).  Cognats : irl. cailleach, bret. kilhog = coq

L’euskara a le mot kayo (mouette, goéland). Ce mot est généralement considéré  dérivé d’un mot roman,  p.-e cognat de l’esp. gavia (mouette) ou du fr. geai et de son cognat asturien gayo (id.)  (cf. Agut & Tovar D.Et.Vasco) . Cependant, M. Morvan propose une tout autre hypotèse étymologique, proto-eurasienne, non romane, cf. kaiak et kaio dans son dictionnaire en ligne. 


*Kallyo (s.) quelque chose de dur, pierre, sabot  (du cheval) -> calhau (f. affixée *callyàvo-(?), cognat :  fr. caillou). *Are-kallyo  > arralh (ébouli de cailloux, glace), cognat de l’asturien argayu (ébouli de cailloux) passé en esp. argayo. 

 

*Kalyo- (s.) tache ->, galhet (tacheté, pie), galhat (tacheté), galhar (commencer à murir, se dit pour le raisin, un fruit), pigalhat = piga(t) x galhat (bigarré)

 


*Karrekĭ- : rocher > carric, - > carròc / carròt (changement d'affixe)  (rocher) cognats de l'irl.  carraig  (id.); de l'ancien breton carreg (id.)  cf. basque harri (s.), harrikatu (v.), harrika egin, p.-ê un leg celtique en basque, comme hartz, arrano, andere, isokina, gauhontz etc…ou l’inverse, un prêt non i.-e. en celtique ?


*Kasso-  (tressé, enchevetré, par métaphore: chêne) -> gasc. casse, casso, cassi. 

Kasso- > kassāno- (affixation du précédent,  chêne): oc. cassan,  et les dérivés gascons: cassanhèr , cassanhèda etc < cassaŋ +èr ,-èda  (chênaie) etc.

 

*Kawaro-  (géant, colosse) > celt. *kawarāko-  (lit. gigantesque, colossal)  > cauerat, caurat (cachalot)

 

*Kawos, kawa  (lit. hurleur-hurleuse, appliqué aux strygidés). 

*kawos > guè(h)us, ga(h)ús, caús, (hibou); en oc. : còis, caús, gabús (id.), cat. gaús (id.) , allem. Kauz (id.), eusk. gauhontz, gabontz , etc (id.). 

*kawos > *kawān(n)os, lat. cauannus  (forme affixée, gemination expressive (?), fr. hibou) : gasc chavan,  emprunté a oil, cf fr.  chouan, chat-huant) ; 

*kawa > kawāka (f. affixée, chouette) >  cavèca, gavèca, fr. chevêche, eusk. : kaheka, id)

 


 

*Kolāko- ( étym. colgā, affixé en āko épineux, qui transperce): mot affixé dont la racine correspond au mot moyen-gallois "col" aiguille, épine; cornique col, colg id.. la racine protoceltique est colgā: chose qui transperce, en part. dague, épée  -> colac (alose) cf. FEW 2, 866  eusk kolak (id.) 

 

*Kumbos (lit. creux, concave, et, par métaphore, les suivants) -> com, comet, comada (abreuvoir, auge, cuve à foulon) (= bret. komm : abreuvoir, auge, cuve à foulon etc.) Cat. cóm : auge (emprunt au gascon probable). Le latin a emprunté au celtique le mot cumba : sorte de vallée > gascon coma : vallée propice au pâturage, et aussi, dans les Pyrénées (gasc. , arag.,  cat. ):  estive d’altitude, près des sommets ou des cols, sans précipice. 

 

*Kragāko (étym. carapacé, esturgeon  -> creac (esturgeon) cf. FEW 2, 1266.   

 

*Kragāka (étym. carapacée, coquillage) -> craca , crèca  (coquillage, noix) + dérivés affixés : cracòt etc. 

 

*Lugrā (lune)  -> lugran (f. affixée –ānu, astre qui brille (comme la lune) par métaph.  œil, ver luisant; par changement d'affixe :  lugret (étoile, éclair), lugrèra (constellation) lugrir, lugrejar (briller, étinceler) etc. Le mot oc. lugre est un synonyme et pourrait dériver, par dégression, de lugran, si non directement du mot celtique. L'occ. lugarn est d' un autre étymon celtique (*lukarnon -s.n. : lampe artificielle, flambeau, cognat celtique du latin lucerna, *lukarnon > "lucarne" (en a.-fr. : flambeau, lampe), breton "lugern" (chose brillante), gal. "llugorn" (lampe). La signification d'étoile de lugarn est par confusion avec lugran. L'étymon latin "lucanu" est representé en gascon et en aragonais par lucana (lucarne qui laisse passer la lumière du jour), en cat. llucana, id., en basque lukana id. 

 

*Lukos (s.m.) (loup? brochet?). En association avec mor(i) (mer en celtique), *morlukos (loup de mer? brochet de mer?) -> mǝrlucs -> gasc. merlús  (s.m.) > esp. merluza etc. Le catalan a llus (s.f.) (<lukos), syn. de llobina (diminut. de lloba ,louve : fr. bar, loup de mer). La séquence de la dérivation lukos -> lus  (en a.-fr. lus var. lux, luz etc < lucus s.m. = sorte de  brochet)  est débattue, j’ai opté pour l’hypothèse d’une dérivation à partir du cas sujet lucs  de lucus (lukos) avec assimilation   -> lus au lieu d’un dérivé latin *lucius, mais le résultat est le même.  Le mot molua, morua (morue) a une étymologie similaire,  *morluca (louve de mer? ) -> *morluga - > morlua > molua, morua   Le problème posé par la signification "loup" de *lukos (lucus, lucius) est que cet étymon n'est pas productif dans les langues néoceltiques pour signifier ce canidé. Ce problème est évoqué par X. Delamarre dans son Dic. Gaul.  Peut-être un mot emprunté par les Gaulois marseillais  ou orientaux (Galates ou Gallo-grecs), au grec λύκος (id.), et ayant diffusé  en Gaule. Un autre problème de ce type se pose avec le mot gaulois *uranka (fr. patte, griffe), à l'origine de "branca"  en gallo-roman (sens large, oc.-rom.  compris) (fr. branche). Le mot semble inconnu en celtique médiéval, breton compris. Il s'agit probablement là-aussi d'un emprunt strictement continental à une langue orientale, possiblement balto-slave (en lituanien ranka signifie main, cf. X. Delamarre Dic. Gaul.). 


 

Morc’hast (mor + gast lit. mer chienne, chienne de mer). Mot breton  (sorte de squale) > gallo marache (s.f .) (id )->  poit-saint.:  marache (s.f. sorte de squale ; sorte de poisson) > gasc. marrache (s.f. aussi graphié marraisha) : roussette, sorte de squale > esp. marraxo (s.m.) (requin, notez le changement de genre qu'a subi le mot en entrant en espagnol : cela signe un prêt du gascon noir: le / el > esp. marrajo (requin, évolution phonétique du précédent) > esp. marrajo – marraja (adj.) (perfide)  - > gasc. marraca  (s.f.) toile d’araignée. Magnifique mot voyageur originaire du breton qui se retrouve dans toutes les langues de la péninsule voisine et qui a fait une boucle en gascon en passant par l'espagnol. Aussi en catalan deux fois : marraix (s.m. sorte de squale) et marraco (s.m. méchant monstre qui fait peur aux enfants < esp. marrajo) et à Sète : lo maraca  (prononcé maraco) sorte de squale (< esp. marrajo). 

 

Morgu (mor + ku, lit. mer chien, chien de mer). Mot breton (roussette, petit requin) romanisé en gallo, passé au poit.-saint. (oleron : mǝrg = roussette) et en gascon: mirc (s.m.), mirca (s.f.) = roussette (mirc à  Bayonne dès le 13eme s. cf. DAG 12). Le mot ne semble pas s'être installé en Espagne, contrairement au précédent. 

 

*Sukku (groin de porc) - > soc (sillon de terre ou  soc selon les parlers) socar (faire de la corde, cordier < sillons), socada (ensemble de sillons ; de souches, action de serrer fortement un cordage) ; soc,-soca : stupide. *Sukku, par métaphore, est en grande partie similaire à *bonno (breton bomm, buem, gasc. vomet : sillon) et de son féminin bonna = souche, fondation, lieu de peuplement.  L’occitan (non-gascon) ne connaît pas le mot "soc", contrairement au gascon, aux langues d’oil et à l’arpitan  (en breton: souc’h = soc, le sens est gaulois). 

 

*Taranus l’orage, dieu de l’orage - > taram (tonnerre).