diumenge, 2 de maig de 2021

Quelques étymons celtiques d’intérêt en gascon.

 La liste n'est évidemment pas exhaustive et sera amenée à évoluer avec l'addition de nouvelles entrées.

 

*Bonno- (frappe) > *bomo- (frappe, action de creuser, sillon de terre >  gasc. "vomet"  (sillon de la charrue, soc de la charrue), vome (soc de la charrue)  cf. breton bom, buem, bomm : sillon de la charrue, sillon de terre.

Confusion en gascon des dérivés de *bomo (vome, vomet, vomèr: soc de la charrue)  avec des dérivés du lat. vomer ou vomis, acc. vomerem  d’où la graphie vomièr (mot du troubadour médoquin P. de Corbac occitanisé pour le besoin du style), vomèr, (archives médiévales bordelaises), vomet, vome qui signifient "soc". En réalité, les mots vomièr et vomèr ne peuvent pas dériver naturellement de vomer(em) pour des raisons d'accentuation. D'ailleurs, l'étymon vomer(em) est bien représenté en gascon par les mots (rares) "vombre" et "vombret" (soc de la charrue), la dérivation de vombre à partir de vomerem étant cette fois-ci parfaitement régulière. L'étymon de vomièr, vomèr, vome et vomet est donc beaucoup plus vraisemblablement le celtique bomo- que le latin vomer, contrairement à celui de vombre, vombret. Il convient de rappeler que le gascon ne distingue pas phonétiquement le v du b, en particulier à la position initiale, toujours résolu en "b". 

 

*Bunno- (butor) > gasc.  bom (butor), gallois bym (id .) 

N.-B. Bunno > bunnāno (affixation du précédent, id ) >  irl. bunnàn, (butor),  En eusk.. butor se dit "txori zezen", calque de l’esp. avitoro (oiseau taureau), qui est l’étymologie populaire du mot butor. Le substantif protoceltique *bunno peut être rapproché du verbe protoceltique *bud-no:   alerter, réveiller  (allusion au cri de l'oiseau qui évoque le son d'une corne de brume). 


C ved. K.

 

 *Er(r)o-  (s.m.) aigle : ar(r)ian, ar(r)ianglo (vautour)  < err(o) + anglo.   anglo dérive soit de la masculinisation gasconne du mot "angla" qui signifie aigle ("anglo"= mâle de l’aigle) soit aquilus, marron en latin; dans ce deuxième cas on serait en présence d'un syntagme celto-latin  er(r )- V - aquilu-  aigle marron .  

*er(r)o > *er(r)āno - (dérivation par affixation avec -ano, courante en celtique cf les dérivés de casso-, kawo-, bunno- , aussi garano etc)> eusk. arrano  (aigle). En breton et cornique, "er" signifie aigle. 

 

Gabro  (bouc) > gabre  (vieux mâle de perdrix, Palay).  Pour l’étymologie du mot gascon, cf.  Etym. Dic. Proto-celtic, Matasoviç qui renvoit à  Gamillscheg 470. L’occitan a aussi gabre (s.), gabrar (v.) qui sont cognats voir TdF. En breton gavr : chêvre < *gabra, irl. gabhar (id.). 

 

*Galā (bravoure, courage, vigueur)  via gālyo ( ?) (vif, brave, courageux) - > galhèir  (s.m.): force, vigueur , galhè(i)ra (état de ce qui est vigoureux),, galh (vif) etc.  cf. breton gailh : vif. 

L’étymon se confond avec le latin gallus : coq (cf le coq gaulois) . 

 

? *Garano (grand échassier : grue, héron, cigogne) -> gairin (héron, échassier de grande et moyenne taille) . C’est possiblement la confusion  étymologique d’un hypothétique dérivé gascon  de garano- (*garaŋ)  avec le mot gascon garia (poule, lat. gallina) qui a provoqué la formation de  ces dérivés aberrants de garia  servant à  désigner des échassiers de grande et moyenne taille  : *gar-aŋ x  gar i-a -> gairin; garia (accent sur le i)  - > gariòu  (hérons et échassiers) et gària (femelle du héron, dérivé dégressif de gariòu). Breton garan, id. Le basque kurullo (grue) est un emprunt au latin ou roman  grua ou grulla X ollo.

 

*Glina (v) (coller)  -> glahar ; glanh, glahèr (fatiguer, ahaner ; mauvais état physique ou moral ). Cf. la formule de guérison citée par le médecin bordelais  du 5ème siècle Marcellus Emperius : exugri conexugri glion : sors, va-t-en chose collante. (voir ). L'étymon est également productif en gallo-roman mais avec une signification totalement différente (cf. fr. glaner). 


*Kaliāko- (s.) (coq) :   calhòc (goéland, coq de mer).  Cognats : irl. cailleach, bret. kilhog = coq

L’euskara a le mot kayo (mouette, goéland). Ce mot est généralement considéré  dérivé d’un mot roman,  p.-e cognat de l’esp. gavia (mouette) ou du fr. geai et de son cognat asturien gayo (id.)  (cf. Agut & Tovar D.Et.Vasco) si non un emprunt adapté de notre mot gascon lui-même. Cependant, M. Morvan propose une toute autre hypotèse étymologique, proto-eurasienne, non romane, cf. kaiak et kaio dans son dictionnaire en ligne. 


*Kallyo (s.) quelque chose de dur, pierre, sabot  (du cheval) -> calhau (f. affixée *callyàvo-(?), cognat :  fr. caillou). *Are-kallyo  > arralh (ébouli de cailloux, glace), cognat de l’asturien argayu (ébouli de cailloux) passé en esp. argayo. Le mot catalan aragall est probablement cognat, avec une dérive sémantique hydronymique supposémment influencée par xaragallar. Le béarnais a également  les mots argalhar (fendre, éclater le bois), argalhan et argalhaire (travailleur du bois) , probablement du même étymon. 

 

*Kalyo- (s.) tache ->, galhet (tacheté, pie), galhat (tacheté), galhar (commencer à murir, se dit pour le raisin, un fruit), pigalhat = piga(t) x galhat (bigarré)

 

*Karrekĭ- : rocher > carric, - > carròc / carròt (changement d'affixe)  (rocher) cognats de l'irl.  carraig  (id.); de l'ancien breton carreg (id.)  cf. basque harri (s.), harrikatu (v.), harrika egin, p.-ê un leg celtique en basque, comme hartz, arrano, andere, isokina, gauhontz etc…ou l’inverse, un prêt non i.-e. en celtique ?


*Kasso-  (tressé, enchevetré, par métaphore: chêne) -> gasc. casse, casso, cassi. 

Kasso- > kassāno- (affixation du mot précédent,  chêne): oc. cassan,  et les dérivés gascons: cassanhèr , cassanhèda etc < cassaŋ +èr ,-èda  (chênaie) etc.

 

*Kawaro-  (géant, colosse) > celt. *kawarāko-  (lit. gigantesque, colossal, le mot est obtenu par affixation du précédent selon un procédé courant en langue celtique)  > cauerat, caurat (cachalot). La forme "cauerac" est la plus anciennement attestée en gascon (cf. DAG- 12).

 

*Kawos, kawa  (lit. hurleur-hurleuse, appliqué aux strygidés). 

*kawos > guè(h)us, ga(h)ús, caús, (hibou); en oc. : còis, caús, gabús (id.), cat. gaús (id.) , allem. Kauz (id.), eusk. gauhontz, gabontz , etc (id.). 

*kawos > *kawān(n)os, lat. cauannus  (forme affixée, gemination expressive (?), fr. hibou) : gasc chavan,  emprunté a oil, cf fr.  chouan, chat-huant) ; 

*kawa > kawāka (f. affixée, chouette) >  cavèca, gavèca, fr. chevêche, eusk. : kaheka, id)

 


 

*Kolāko- ( étym. colgā, affixé en āko épineux, qui transperce): mot affixé dont la racine correspond au mot moyen-gallois "col" aiguille, épine; cornique col, colg id.. la racine protoceltique est colgā: chose qui transperce, en part. dague, épée  -> colac (alose) cf. FEW 2, 866  eusk kolak (id.) 

 

*Kumbos (lit. creux, concave, et, par métaphore, les suivants) -> com, comet, comada (abreuvoir, auge, cuve à foulon) (= bret. komm : abreuvoir, auge, cuve à foulon etc.) Cat. cóm : auge (emprunt au gascon probable). Le latin a emprunté au celtique le mot cumba : sorte de vallée > gascon coma : vallée propice au pâturage, et aussi, dans les Pyrénées (gasc. , arag.,  cat. ):  estive d’altitude, près des sommets ou des cols, sans précipice. 

 

*Kragāko (étym. carapacé, esturgeon  -> creac (esturgeon) cf. FEW 2, 1266.   

 

*Kragāka (étym. carapacée, coquillage) -> craca , crèca  (coquillage, noix) + dérivés affixés : cracòt etc. 

 

*Lugrā (lune)  -> lugran (f. affixée –ānu, astre qui brille (comme la lune) par métaph.  œil, ver luisant; par changement d'affixe :  lugret (étoile, éclair), lugrèra (constellation) lugrir, lugrejar (briller, étinceler) etc. Le mot oc. lugre est un synonyme et pourrait dériver, par dégression, de lugran, si non directement du mot celtique. L'occ. lugarn est d' un autre étymon celtique (*lukarnon -s.n. : lampe artificielle, flambeau, cognat celtique du latin lucerna, *lukarnon > "lucarne" (en a.-fr. : flambeau, lampe), breton "lugern" (chose brillante), gal. "llugorn" (lampe). La signification d'étoile de lugarn est par confusion avec lugran. L'étymon latin "lucanu" est representé en gascon et en aragonais par lucana (lucarne qui laisse passer la lumière du jour), en cat. llucana, id., en basque lukana id. 

 

*Lukos (s.m.) (loup? brochet?). En association avec mor(i) (mer en celtique), *morlukos (loup de mer? brochet de mer?) -> mǝrlucs -> gasc. merlús  (s.m.) > esp. merluza etc. Le catalan a llus (s.f.) (<lukos), syn. de llobina (diminut. de lloba ,louve : fr. bar, loup de mer). La séquence de la dérivation lukos -> lus  (en a.-fr. lus var. lux, luz etc < lucus s.m. = sorte de  brochet)  est débattue, j’ai opté pour l’hypothèse d’une dérivation à partir du cas sujet lucs  de lucus (lukos) avec assimilation   -> lus au lieu d’un dérivé latin *lucius, mais le résultat est le même.  Le mot molua, morua (morue) a une étymologie similaire,  *morluca (louve de mer? ) -> *morluga - > morlua > molua, morua   Le problème posé par la signification "loup" de *lukos (lucus, lucius) est que cet étymon n'est pas productif dans les langues néoceltiques pour signifier ce canidé. Ce problème est évoqué par X. Delamarre dans son Dic. Gaul.  Peut-être un mot emprunté par les Gaulois marseillais  ou orientaux (Galates), au grec λύκος (id.), et ayant diffusé  en Gaule. Un autre problème de ce type se pose avec le mot gaulois *uranka (fr. patte, griffe), à l'origine de "branca"  en gallo-roman (sens large, oc.-rom.  compris) (fr. branche). Le mot semble inconnu en celtique médiéval, breton compris. Il s'agit probablement là-aussi d'un emprunt strictement continental à une langue orientale, possiblement balto-slave (en lituanien ranka signifie main, cf. X. Delamarre Dic. Gaul.). 


 

Morc’hast (mor + gast lit. mer chienne, chienne de mer). Mot breton  (sorte de squale) > gallo marache (s.f .) (id )->  poit-saint.:  marache (s.f. sorte de squale ; sorte de poisson) > gasc. marrache (s.f. aussi graphié marraisha) : roussette, sorte de squale > esp. marraxo (s.m.) (requin, notez le changement de genre qu'a subi le mot en entrant en espagnol : cela signe un prêt du gascon noir: le / el > esp. marrajo (requin, évolution phonétique du précédent) > esp. marrajo – marraja (adj.) (perfide)  - > gasc. marraca  (s.f.) toile d’araignée. Magnifique mot voyageur originaire du breton qui se retrouve dans toutes les langues de la péninsule voisine et qui a fait une boucle en gascon en passant par l'espagnol. Aussi en catalan deux fois : marraix (s.m. sorte de squale) et marraco (s.m. méchant monstre qui fait peur aux enfants < esp. marrajo) et à Sète : lo maraca  (prononcé maraco) sorte de squale (< esp. marrajo). 


Morgu (mor + ku, lit. mer chien, chien de mer). Mot breton (roussette, petit requin) romanisé en gallo, passé au poit.-saint. (oleron : mǝrg = roussette) et en gascon: mirc (s.m.), mirca (s.f.) = roussette (mirc à  Bayonne dès le 13eme s. cf. DAG 12). Le mot ne semble pas s'être installé en Espagne, contrairement au précédent. 

 

*Sukku (groin de porc) - > soc (sillon de terre ou  soc selon les parlers) socar (faire de la corde, cordier < sillons), socada (ensemble de sillons ; de souches, action de serrer fortement un cordage) ; soc,-soca : stupide. *Sukku, par métaphore, est en grande partie similaire à *bonno (breton bomm, buem, gasc. vomet : sillon) et de son féminin bonna = souche, fondation, lieu de peuplement.  L’occitan (non-gascon) ne connaît pas le mot "soc", contrairement au gascon, aux langues d’oil et à l’arpitan  (en breton: souc’h = soc, le sens est gaulois, cette signification est inconnue dans les langues celtiques des Iles Britanniques). 

 

*Taranus l’orage, dieu de l’orage - > taram (tonnerre). 


*Wēro : rond, courbé. Cet étymon, qui est sémantiquement lié au concept d'enfermement, d'attachement  (verbe wi-na = enfermer)  pourait être à l'origine des mots gascons varan et de baran(d)a via un hypothétique *weron(d)o postulé par Coromines voir . L'hypothèse d'une étymologie romane pour "varan" ne tient pas.

 

 

 

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Anònim ha dit...

https://ca.m.wikipedia.org/wiki/Bit%C3%B3_com%C3%BA