Lo plaser de perpensar e d'escríver en lenga gascona. Aquiu qu'avetz lo men caièr aubrit.
dilluns, 20 de maig del 2024
Lo sufixe celtic -ākos e las soas prolongacions en gascon.
dijous, 15 de febrer del 2024
Des traces du gascon dans la formation de l'espagnol ?
J'ai déjà exprimé mon étonnement devant l'idée que le gascon puisse avoir arrêté sa progression de long de la côte cantabrique à Saint Sébastien. Pourquoi cet arrêt s' il n'y a pas de Garonne pour empêcher son expansion vers l'ouest le long de la côte nord espagnole? On a dit que le gascon avait été apporté à Saint Sébastien par une colonisation au 12eme siècle. Qu'il y ait eu apport d'immigrants à Saint Sébastien, ça, on le sait bien. Mais rien ne dit qu'ils étaient gascons ni que cet apport ait été nécessaire pour y apporter le gascon. Et j'en doute. D'autant que les noms médiévaux repérés comme "gascons" par notre archiviste donostiarrak Serapio Múgica ne le sont pas vraiment. (de) Beurepaire, (de) Paeget, (de) Manx, sont des noms étrangers, certes, mais certainement pas gascons, contrairement à ce que pensait don Serapio qui n'était pas linguiste et ignorait tout du gascon. Beaurepaire, (Le) Mans, (Le) Péaget, ces toponymes sont bien français mais n'ont évidemment rien de gascon. Que ce soient les ancêtres de ces gens de Saint Sébastien qui y aient apportés le gascon est exclu. Dans tous les noms constituant l'onomastique de Saint Sébastien repérée comme gasconne par Múgica , un seul peut se prétendre candidat: de la Mayson. Ce n'est pas franchement très convaincant. On peut supposer que le gascon n'a pas eu besoin de ces immigrants pour être parlé à Saint- Sebastien, il s'y est développé comme ailleurs.
Car on y lit des choses intéressantes dans le fascicule de Serapio Múgica intitulé Los Gascones en Guipúzcoa. Par exemple, cette anecdote: des Hendayais ont voulu se faire construire une tour-palais sur la rive de la Bidassoa, on est en 1518. c'était la mode à l'époque, ce qui avait pour effet d'entrainer des rivalités voire des conflits meurtriers entre familles rivales, à savoir qui l'avait la plus monumentale ou la plus belle, on en connait des exemples très célèbres dans notre région, je pense en particulier aux Velasco et aux Salazar dans la vallée du Mena, à une petite cinquantaine de km de Bilbao dans le piémont cantabrique versant atlantique. La tour-palais hendayaise n'était pas du du genre pour plaire à ceux de Fontarrabie qui ont voulu la détruire à coup de canons. Plaintes, jugement avec des représentants des deux pays. En quelle langue,ont-ils échangé, croyez-vous ? En basque? en espagnol? en français? Mais non. Les Hendayais qui peuvent se construire des Tours-Palais sur la rive de la Bidassoa sont de la noblesse et la langue de la noblesse basque, au nord, à toujours été le gascon autant qu'on puisse remonter le temps. Leurs noms de famille sont à cent pour cent basques car ils sont basques et non gascons et le lieu de leur "Ostau" (maison en gascon, casa solariega ou casa solar en espagnol) est un toponyme basque. Leur nom de famille est le nom de "l'Oustau" : Johan de Odornoz, Per(o) de Bessassari, Marticòt de Agorreta, ce sont eux, les "Gascons". Ils parlent gascon mais sont basques. Les représentants des deux Etats ont autorisés que le procès se fasse entièrement en gascon et que le compte-rendu s'y fasse dans cette langue, constatant qu'elle était commune et la seule correctement pratiquée par les deux parties. L'État français était représenté par le premier conseiller du parlement de Bordeaux, que le procès se fasse en gascon devait bien l'arranger. Pour le représentant de l'État espagnol, c'est moins sûr, il s'appelait d'Acosta (sic), un galicien sans doute. Le procès et les actes se sont faits entièrement en gascon. Hélas le document original a disparu dans un incendie à Fontarrabie. Mais on en a tout de même une version conservée dans un autre fond, la traduction espagnole du jugement accompagnée des témoignages en gascon des deux parties, qui, elles, n'ont pas été traduites. Mais revenons à notre sujet.
On considère que le castillan s'est formé du côté méditerranéen de la cordillère cantabrique, en Cantabrie elle-même et dans la région castillane proche de cette dernière. On est à 150 km de Portus Victoriae Iuliobrigensium (aujourd'hui Santander) et surtout de l'autre côté de la cordillère . Et de surcroit, la formation de l'espagnol est relativement tardive. On ne voit pas bien alors ce qui aurait pu freiner le gascon (déjà formé en 600) dans sa progression vers le sud de l'Aquitaine puis vers l'ouest sur la côte cantabrique, jusqu'à la rencontre avec l'astur-léonais qui , lui, progressait vers l'est. Il ne s'agit pas là forcément d'une langue rurale au début, surtout au Pays Basque, bien sûr, mais au moins d'un roman parlé dans les ports, commme autrefois à Saint Sébastien, Ciboure et Saint Jean-de-Luz, car le roman est nécessaire pour le commerce. On ne commerce pas aisément avec les voisins Cantabres, Asturiens, Galiciens, Gascons, voire Saintonjeais, Poitevins et Bretons en ne parlant que basque. Le roman procure là un avantage économique et c'est un motif suffisant pour changer de langue après une phase de bilingüisme. Il suffit de quelques générations, très peu, en fait. Et que ce roman portuaire soit relativement unifié au Pays Basque espagnol par rapport à celui de France me semble normal, C'est le contraire qui eut été une anomalie: c'était les même gens et il n'y avait pas de frontière. Et je dirai même, pas seulement au Pays Basque, jusqu'en Cantabrie. Il ne m'a pas échappé qu'à Santander débouche le rio "Pas" (et non Paso) et que pour dire nous sommes, vous êtes, les parlers de Cantabrie (et ceux d'Extramadure qui en sont issus par la Reconquista) disent "semos, seis" quand l'asturien et le castillan disent "somos, sois". Se pourrait-il qu'on ait là une trace de cet occitano-roman que l'espagnol, pourtant très soucieux du "bien parler" et de correction, voire d'hyper-correction, n'a pas jugé bon d'effacer ? Ou il n'y est simplement pas arrivé.
En Biscaye, le toponyme Balmaseda, dans les Encartaciones, à 30 km de Bilbao, ne s'explique pas vraiment par le castillan. Si le premier élément est roman (Bal), le deuxième doit l'être aussi, selon toute vraisemblance. Le gascon nous suggère maseda, tranquille. Mais l'adjectif qualifie plutôt un être vivant, à ma connaissance. Le toponyme ne dériverait-il de Valmaceda prononcé Balmaseda ? Alors on peut y voir un cognat du portugais macedo: pommeraie. Maceda est aussi une ville en Galice, ce sont les cognat des toponymes catalans Maçanet, Maçaneda, ce dernier également occitan: Massanède en toponymie officielle. Ce toponyme a la forme Manzaneda en castillan. Le mot espagnol manzana pour pomme se disait autrefois maçana comme en oc. et en cat. (latin mattiana). Il y aurait donc bien eu perte du n intervocalique dans le toponyme biscayen, on aboutit justement à la même solution que le galaïco-portugais, c'est logique . On rentre alors parfaitement dans la phonétique du gascon. On me dit que maceda pourrait être basque, mahatsieta, lieu de vignoble. Mais le mot, ici, fait bien partie d'un syntagme. Il se réfère à Bal/Val et là on est dans le roman, un syntagme romano-basque, c'est suspect. Je ne crois pas à cette solution pour cette raison. Remarquons qu'un ruisseau à Guétary s'appelle Baldareta. Ça m'a l'air d'être le même roman: Val d'Areta. C'est le même Bal. Mais là, il est suivi effectivement par un mot basque mais précédé de "de", exactement comme dans Val d'Aran. On n'est pas dans le même cas avec Valmaseda. Ce dernier toponyme doit résulter d'une perte d'un "n" intervocalique (Valmaçaneda > Valmaceda > Valmaseda), ce qui révelerait une couche toponymique romane pré-castillane, du type gascon ou apparenté. Ce n'est pas du tout absurde et c'est ce qu'il faut chercher à éprouver.
Une sorte de gascon ne peut-il pas aussi faire le lien entre le mot castillan becerra et le latin vitella? La première personne du verbe ser en espagnol: soy, ne pourrait-elle pas être aussi un héritage du gascon ? On ne voit pas bien la relation entre le latin sum et l'espagnol soy, sauf si sum >son > soy et cette mutation n final >y est bien caractéristique du gascon côtier. Comparons ben > bei (bey) en gascon côtier avec ben > bién en castillan. On aurait avec "soy" un gasconisme fondamental en espagnol et aussi en occitan occidental. L'occitan a siau et son, soi semble bien être un gasconisme en occitan . Le français disait sui, peut-être par analogie avec fui qui est est la forme du passé, mais dans le cas de sui, la prononciation n'est pas diphtonguée, notre "suis" en dérive. Le portugais dit sou, il aurait perdu le n, c'est assez normal, et ce "ou" est-ce une diphtongue? Ce n'est pas sûr cf. louco (<loco < loca < clocca). . A part le roussillonais qui a conservé som prononcé [sun] et aussi en baléare : som, le catalan standard a rajouté à so ce -c sans doute par analogie avec tinc ou tenc (tenir), vinc o venc (venir) (c'est la finale normale des verbes dans des parlers septentrionaux de transition du catalan du côté de Besalú cantoc = je chante). Le cantabre dit bien soy. L'asturien hésite entre so (la forme portugaise) et soy (la forme espagnole). L'asturien oriental, appelé aussi cantabre occidental, lui, ne semble pas vouloir prendre partie. Il dit... "ero" (je suis). La forme "soy" en espagnol est très étonnante à moins qu'il y ait du gascon dans l'air comme pour Valmaceda.. Et bien sûr, une trace importantissime du gascon en castillan serait le traitement du f latin qu'on retrouve en cantabre (qu'on admet généralement ne pas être de substrat basque, lui, mais indo-européen si non celtique) et seulement dans ces deux-là dans la péninsule. En première analyse, le traitement du "f" latin a l'air distinct en espagnol par rapport au gascon. Mais quand on fouille un peu, le constat change: le traitement était exactement le même en espagnol populaire qu'en gascon, c'est à cette conclusion qu'est arrivé Frank Jodl qui a étudié l'affaire de près : Estigma y auge de prestigio: El cambio f > h en castellano y gascón visto desde la sociolingüística histórica y la lingüística variacional Revista de Filología Románica (2015) 32-1 21-40. La possibilité d'une forme de gascon de la còte cantabrique qui aurait été un substrat du castillan avant le 8ème siecle pour être finalement remplacé par le castillan est une question qui mérite qu'on s'y intéresse, à mon avis, car elle est assez logique. L'aire f/h du gascon et du castillan sont en continuité par le versant atlantique de la cordillère cantabrique. Le gascon étant une langue pratiquée au Pays Basque nord, pourquoi ne l'aurait-elle pas été au Pays Basque sud? Pourquoi et par quoi aurait-elle été arrétée à part le castillan? Le basque n'est pas incompatible avec le roman, le gascon a cohabité avec le basque pendant au moins sept siècles au Guipuscoa et au Pays Basque du nord, en admettant que le gascon n'y soit pas dérivé du latin sur place comme ailleurs en Gascogne, ce qu'il est impossible de prouver ni dans un sens, ni dans l'autre. C'était les mêmes gens de chaque côté de la Bidassoa, on voit mal un roman distinct pour les uns et pour les autres, du moins avant la "descente" du castillan arrivé de l'autre côté de la cordillère et avant l'établissement des Etats médiévaux. Une analyse toponymique attentive devrait être effectuée en Cantabrie et au Pays Basque. Le castillan a l'habitude de corriger les toponymes de manière systématique, on le voit avec les toponymes basques d'origine latine, les versions espagnoles sont systématiquement corrigées par rapport aux versions basques. Mais il pourrait arriver qu'il y ait des oublis, par exemple le mot juen (font-) fait bien partie de la toponymie cantabre en composition (notez qu'on le trouve aussi dans la toponymie alto-aragonaise de Huesca alors que l'aragonais conserve le -f- en toute position, juen est donc bien là-bas un vieux gasconisme probable hont > juen, le castillan a fuen, pas juen) alors que le castillan dit fuente (mais fuen en composition toponymique, l'hypothèse d'un gasconisme n'a jamais été évoquée dans ce cas mais il faudrait le faire et l'éprouver), voilà ce genre d'indices qu'il faut recolter et assembler et analyser car "juen" est évidement compatible avec un plus ancien "hont". "Maceda" en est un autre exemple. La recherche de la perte du n est un bon indice. Il peut aussi arriver qu'il y ait des mauvaises corrections, c'est ce qu'il faut rechercher. La toponymie donnera des réponses.
PS. Notez les formes verbales en vieux castillan coñoçuda, movudo, (aujourd'hui on dirait conocida, movido), ces terminaisons en -udo, -uda, celà ne vous rappelle rien? (manuscrit de Miranda del Ebro, 1268). Il est vrai que l'apport gascon n'est pas nécessairement ancien, ici. En effet, ils pouvaient faire partie des "francos" "recrutés" pour repeupler la zone, précisemment à cette époque. Il y avait aussi des Basques qui ont laissé d'importantes traces toponymiques près de Miranda, dont on a un exemple ici (Potançuri). On notera aussi que le dit Lop Díaç a un prénom bien gascon. Et gascon, le scribe pouvait l'être aussi. On trouve aussi ces formes en -udo -uda dans des textes médiévaux (XIII) rédigés en asturien assez bancal, supposés traduits du latin ou rédigés par des francos d'origine gasconne ou occitane. Voici le texte de Miranda del Ebro:
Coñoçuda cosa sea a todos los omnes que esta carta vieren cómo, sobre pleito que fue movudo entre Juan Sánchez, escudero de Lop Díaç, por sí e por sos ermanos de la una part, e el concejo de Miranda de la otra part, que demandava Juan Sánchez al concejo sobredicho casas e heredades en Morcuera, que es aldea de Miranda, e molinos e parrales e exidos en Potançuri, e dizieron el concejo de Miranda que lo non avía aver.
Source: https://cuadernos.cilengua.es/index.php/cilengua/article/view/24
dilluns, 2 d’octubre del 2023
Un punt de sintaxi: (au)tant com; tant qui/que )
Un aute punt qui’s pòt senhalar (que n’i auré un sarròt!), qu’ei lo d’un torn com tant qui volhas. Un dia, que credoi aver ua allucinacion quan constatèi qu’en un tèxte men, que l’avèn corregit en tant com volhas! Lo corrector, praube coneishedor deu gascon e gran lingüista autoproclamat, n’èra pas capable de compréner qu’ací ne s’agiva pas de comparèr, mes d’intensitat. Aqueth cas (ua excepcion a la règla qui exigeish com après tant) qu’ei totun senhalat per Boset dens la soa Syntaxe:
Pren-te’n (au)tant com volhas.Que pòdes parlar tant qui (que) volhas, ne cambiarèi pas d’idea.
dilluns, 11 de setembre del 2023
L' òrre "quitament".
" En la lenga escriuta deu microcòsme occitanista de Gasconha, e especiaument de Bearn, que i a mòdas mei o mens passadissas. Atau que n’ei de l’òrre quitament(qui Alibèrt ne cita pas, qu’ac cau mentàver), jamei emplegat abans la fin de las annadas 1990 e totun, estranhament e escandalosament consacrat peu diccionari de Per Noste, e de la locucion conjontiva quitament se. Atau que n’ei de mantun(s), -ua(s), determinant indefinit qui existeish (ja que ne s’emplegue pas guaire mei en la lenga parlada deus locutors natius), mes dont l’emplec ei limitat. Au lòc de’s demandar : « Vam, quin disen, o quin disèn non i guaire, entà rénder la medisha idea que lo francés “plusieurs” ? Quin disen, o quin disèn, dab la medisha nuança semantica que lo francés “même” ? », e de har enquèstas sistematicas dens los tèxtes escriuts e oraus, tot l’occitanisme gascon, dab la manca d’ambicion qui’u caracteriza, e davantejat –çò qui ei enqüèra mei grèu– peus lexicografes, que causí la simplificacion abusiva (mantun), o la mèrra invencion lingüistica (quitament ne’s deu pas emplegar hòra de las frasas negativas : Ne l’èi pas quitament espiat ; en Bearn que disem meilèu :Ne l’èi pas solament espiat)." (Eric Gonzalès, blòg "dia per dia" messatge deu 25/05/2016 ).
Totun, Palay (1934) que nse'n balha la definicion qui segueish : "quitimén, quitomén (G.); adv. Pas même; comme si; également; même. N'a pas quitimén poudùt parlà, il n'a pas même pu dire une parole. Y èro quitomén lou dròlle, il y avait également l'enfant; il y avait même l'enfant. "
Qu'ac cau plan arreconéisher, se los catalans an "fins, fins i tot, i tot, àdhuc, incloent-hi ...", los gascons n'èm pas tant arrics de locucions entà arrevirar lo mot francés "même". Se abandonam l'emplec deu mot "quitament", qué'nse demora? Malaja, a la question qui eth medish e pausè: "Quin disen, o quin disèn, dab la medisha nuança semantica que lo francés “même” ? » lo praube mèste que'nse deishè shens responsa. La responsa, totun, que la sabem: que disèn meme o mema. Un francesisme, qué.
EDIT: Ved. lo comentari deu Halip, un aute mèste, qui testimònia de l'emplec de "quitament" en gascon de la còsta. N'avem pas nada rason entà espudir aqueste mot. Que supausi lo praube Eric Gonzalés ne s'èra pas avisat que i avè duas entradas au Palay: quitement E quitiment, quitoment, dab significacions distintas.
dimecres, 30 d’agost del 2023
Mandre, mandra, (renard) mandrin (l'utís) : ua ipotèsi etimologica celtista (etimon *màdara).
diumenge, 27 d’agost del 2023
Un mot gascon viatjaire: fonilh
Bordèu qu'a hèit deu vin un ahar gascon. E lo comèrci deu vin bordalés que permetó lo viatge de mei d'un mot especificament gascon com "barrica", "barril -barriu", etc. Uei que'm vòli interessar au mot "honilh" (dautescòps "efonilh", "enfonilh", fr. entonnoir), qu'ei "fonilh" deu costat de Bordèu. Non, l'etimon n'ei pas celtic, qu'ei lo mot latin "infundibulum". Lo mot que s'arretròba a l' occitan vesin "fonilh", "enfonilh" etc. La simplificacion nd > n que signa un gasconisme . Lo mot "fonilh" que viatgè dab las barricas de vin: los Espanhòus e los Portugués que manlhevèn lo mot (arag.- esp. "fonil" , port. "funil", id.), los Bretons tanben (breton miejan: founilh, breton d'uei: foulin) e los Guallés tanben (fyllen). Se no'm credetz pas quand afirmi lo mot qu'ei d'origina gascona, qu'espèri que crederatz lo FEW qui ac ditz tot egau . Ved. infundibulum, FEW 4, 682.
(publicat a la paja "En gascon" de fb, lo 26 d'agost de 2023)
dimarts, 22 d’agost del 2023
Pourquoi sorelh au lieu de solelh en gascon?
dissabte, 19 d’agost del 2023
Proto-celtique mello= ballon > gascon meron (meroû, meroun) : melon.
*Mello- "lump", "ball" (Celtic lexicon). En breton, mell veut dire gros ballon. Voilà un étymon celtique qui a du ou pu être à l'origine du mot français melon en dépit de l'étymologie proposée dans tous les bons ouvrages. Le mot melon est en effet supposé dériver du latin tardif *mēlo qui serait une abbréviation du mot du latin classique melopepo -nis (melon) lui-même adapté du grec. Néanmoins, la forme du mot spécifique au gascon est meron (meroû, meroun), ce qui pointe vers un étymon "mello-" avec deux "l" et non pas avec un seul. En occitan comme en français, le double l intervocalique du latin est simplifié en l simple, on ne peut donc choisir entre une forme *melo et une forme *mello, elles aboutiraient à exactement le même résultat dans ces deux langues. Ce n'est pas le cas en gascon, le double l intervocalique du latin y donne régulièrement un r et non un l. Le " r" intervocalique du mot meron en gascon nous incite donc à 'identifier l' étymon comme étant *mello avec les deux l que l'on retrouve par ailleurs dans le mot italien: mellone. L'étymon serait donc alors le mot celtique mello "ballon" , (aussi colline, tête,) passé en latin tardif, où le mot a pris le sens de "melon", par métaphore et sans doute confusion d'étymon. Les formes espagnole, catalane et portugaise melón, meló et melaõ pourraient être le résultat du voyage du mot occitan ou français. Il y a du avoir confusion entre le mot celto-latin tardif *mellone- (du celtique mello: ballon) et le mot greco-latin classique melopepone- (melon), ce dernier ayant été décomposé en "melon pépon" (cf. moyen français "melon ponpon" FEW mēlo 6-1 683).
divendres, 18 d’agost del 2023
*turi (tour, tertre, colline) > turon et al., tuc, tuca, tuhet, tuquet.
*Turi* tour (Celtic Lexicon) L'étymon proto-celtique "turi" signifie tour. Tour en irlandais se dit tor (<turi-), torr en gaélique écossais. Dans ces langues, le sens est plus large que juste "tour" : château, tertre, colline arrondie. Gallois: twr, ancien gallois tor: tour, colline,tertre, tas. En gallois contemporain, le mot twr a le sens de colline, comme turon en gascon. On tient là probablement les cognats celtiques des mots gascons, turon et turròc qui signifient: éminence, tertre, motte.
La question de l'étymologie du mot "tuc" et sa relation avec l'étymon celtique *turi est posée. Le FEW nous propose un mot *tūkka,"cucurbitacée" dans une langue inconnue de méditerranée occidentale (FEW 13,2 398). Cette étymologie n'est pas sans poser problème. Le mot "tuc" ne désigne aucune plante en gascon et, contrairement au languedocien qui a les deux formes "suc" et "tuc" pour dire sommet (en occitan: suc, tuc = sommet, tuca = courge, cf. italien zucca, courge), le gascon ne connait que tuc-a avec les significations associées à l'étymon turi- dans les langues néoceltiques . Il est difficile d'admettre que le mot italien zucca (courge) et le gascon tuc puissent être cognats. L'hypothèse d'une origine "indigène" pour ce mot tuc -a, typiquement même si non exclusivement gascon, merite qu'on s'y intéresse.
En effet, la forme non affixée tu(r) (<*turu-) pourrait être à l'origine du mot gascon tuc, adaptaté populairement à l'aide du suffixe gascon -uc, -uca : *tu(r) > *tuüc , -a-> tuc, tuca , éminence, dune, tertre, tas, sommet, pour cette constuction, il y a pu avoir attraction du synonyme gascon de turon: cruc, cruca (étymon celtique krukkā). En faveur de cette dérivation est l'existence de cet autre mot "tuhet" qui signifie nuque et qui, avec cette signication, est synonyme de "tuquet" (nuque). On peut proposer la séquence suivante: *tu(r) s.m. > tua s.f. > tuha (h épenthétique, euphonique) > tuhet (suffixation) > tuhe (dégression).
Même si l'hypothèse proposée par Wartburg constitue une alternative évidemment recevable, il m'apparait néanmoins vraisemblable que l'étymon du mot italien zucca soit différent de celui du mot gascon tuc pour des raisons d'abord phonétiques. Il s'agirait plutôt de deux étymons distincts qui aurait voyagé, l'un (tuc < tur-) venant de la côte ouest de la Gascogne, l'autre ( suc <zukka) venant d'Italie . Les deux se seraient croisés et confondus dans leur domaine partagé, à l'est de la Gascogne (zucca: courge en italien, tuc: tertre, colline; sommet en gascon, suc, tuc :sommet en occitan, tuca: courge en languedocien). Le mot "tuc" semble avoir en effet voyagé à la fois dans le domaine occitan et dans le domaine catalan pyrénéen voisin du gascon (Pallars et Ribagorça, tuc = pic, cim). Le mot a pu aussi s'enraciner en asturien (tucu: protubérance dure, cf. FEW 13,2 398), un emprunt au gascon possible.
En gascon, on note une confusion de l'étymon *turu- avec tufus (cf. tuha :ensemble d'arbres sur une éminence) et un croisement du même étymon avec terra (d'où tarròc = turròc). En résumé, l'étymon "gaulois" "turra" inventé dans FEW 13,2 p.433, pour expliquer turon est une erreur. La forme est bien turi- selon les spécialistes du proto-celtique , et il se pourrait donc fort bien que le mot "tuc""-a" (mot voyageur) en dérive par une affixation triviale en gascon avec le suffixe -uc, -a à partir de la forme non affixée *turu >*tu(r) > tuc. De même, l'affixation de *tu(r) avec -et a pu conduire à "tuhet".
dijous, 3 d’agost del 2023
Etym. balano: balaguèr, balaguèra:ussi: balen,balens balia, baliva, balejar, baleja: un gasconisme médiéval en français :balai, balayer.
*Balano- <banatlo- (genêt, balai). *balano- est .la forme gauloise (cf. Delamarre, Dic. Gaul., Matasović, E.D.P-C), c'est une forme métathésique du mot proto-celtique *banatlo; les langues néoceltiques ont gardé la forme originelle. Ce mot celtique a un double sens : genêt d'une part, et balai de l'autre car le balai à l'origine se faisait avec des brins de genêt (cf. le mot anglais broom qui a le même double sens).
En gascon, le mot gaulois *balano a dérivé de différentes manières:. Le mot balen (*balano > *baleno > balen /baleŋ/ cognat du mot vx-f rançais balain (balai), lyonnais balan. désigne un sorte de râteau qui sert à ratisser et ramasser les feuilles. Il est aussi utilisé au féminin (*balena > balia) avec le même sens. Le "e" de balen suggère un changement d'accentuation dans l'évolution du mot (bàlanu- /'balǝnu/ -> balénu), comparable à celui qui a affecté le mot "bálano" en castillan (bálano > balano) d'étymon distint. Une autre forme du mot" balen" au féminin est aussi employée pour désigner une clôture en roseaux, en brandes, en genêts servant à protéger du vent : baliva (Bayonne) , balua, baluva (< *balia < balena ), d'où le verbe baluvar, balivar : clôturer etc. Il est vraisemblable que le mot gascon "balen" a du signifier "balai" autrefois, c'est la signification de l'étymon. On dit parfois que le verbe gascon "balejar" aussi graphié "baleyà" (fr. balayer) est un gallicisme, or sa construction en gascon à partir du mot "balen" apparait tout-à-fait régulière: (balen (s.m)> *bale(n)ejar / *bale(n)eyà (v.) >balejar /baleyà (fr. balayer) > baleja /baleye (s.f;, fr. balai). En revanche, il est très compliqué de faire dériver le mot français "balayer" de "balain" et de l'étymon *balano . La perte du "n" en position intervocalique est une caractéristique du gascon, elle n'est pas française. On observe cette perte de la nasale de l'étimon balano dans les mots "balayer" et "balai", ce qui permet de soupçonner un très vieux gasconisme déjà présent en latin médiéval dans le Livre Rouge de Chartres (1280) sous la forme "balez" (balais) qui pourrait représenter notre mot gascon "balens" ("balens" se prononce /ba'les/ en gascon). De même, on trouve en vieux-français le mot "balei" qui est une forme typiquement gasconne, pouvant soit représenter le mot gascon balen prononcé à la mode bayonnaise et landaise ( baley /ba 'lœj/) soit le déverbal masculin du verbe baleyà (baley /balei), en gascon baleye /baleja (s.f.) /. C'est donc plutôt le mot français "balayer" qui est un gasconisme (gascon "baleyà") et non le mot gascon qui est un gallicisme. La forme gasconne prise par le mot "balano", s'est généralisée en gallo-roman (voir FEW 1, 232 banatlo).
Reconnu du même étymon est le mot balaguèr, balaguèra (toponymiquement et anciennement: ensemble ou tas de genêts, et encore aujourd'hui en gascon: vent du sud, p.-ê. parce qu'il fait voler les feuilles, il balaye). Ce mot pourrait dériver de la forme suffixée en āko de balano : *balano > *balanāko -> *bala(n)ac -> balac -> balaguèr-a (dérivé affixé de *balac). Dans ce cas, l'absence de "n" dans ces mots romans signe un gasconisme passé en catalan en espagnol. L'accentuation des mots catalan "bàlec" et espagnol "bálago" pose question. Elle pourrait être artificielle, inventée par dégression de balaguer-o (gros tas de genêts) > cat. bàlec = genêt, esp. balaguero (gros tas de paille) > esp. bálago (paille), peut-être par attraction du cast. bálano. Une autre hypothèse pour expliquer l'absence du "n" de balano dans balaguer est celle d'une dégression illégitime du mot gaulois balano affixée avec -ako, donc un changement de ce qui peut sonner comme un affixe. bàlano > bàlako donc en catalan /'balək/ au lieu de */'balən/. En faveur de cette hypothèse est la forme "bale" ou "bala" qu signifie genêt en capcinois, tandis que "baleguer" y signifie lieu où poussent les genêts. . Cette hypothèse d'une dégression a l'avantage de concilier la forme gasconne balen (< bàlan = bàlen /'balən/) et catalane bàlec. Dans cette deuxième hypothèse, l'origine gauloise de l'étymon balano (pour banatlo) plaide à lui-seul en faveur d'un leg du gascon aux langues péninsulaires. Une origine celtibère n'est pas très vraisemblable à cause de l'ordre des consonnes qui est b-l comme en gaulois alors que l'ordre est b- n dans l'étymon proto-celtique.
dimecres, 26 de juliol del 2023
Cabillaud: une étymologie gasconne.
Le saviez-vous? Un autre mot que l'on attribue à notre basco-gascon (gascon de la côte basque, Guipuscoa inclu) est le mot "cabillaud". L'origine du mot cabillaud en français viendrait d'un emprunt au néerlandais "Kabeljauw" (id., anciennement kabeljaw cf. FEW 16, p.29). Le mot français est de première attestation plus ancienne que le mot néerlandais (1276 pour le mot français cabellau, 1350 pour le mot néerlandais: kabeljaw) mais la toute première attestation du mot l' est sous une forme "latine" (cabellauwus) dans un manuscrit flamand (12eme siècle). L'origine de ce mot Kabeljauw, cabellau est de toute façon totalement incompréhensible, sauf à considérer le gascon, ce que les linguistes omettent généralement de faire, par ignorance voire par mépris (cf. FEW 16, p.292).
Coromines a été le premier à avoir identifié l'origine du mot comme pouvant être gasconne. Il a proposé "cabilhau". Dans notre dictionnaire gascon (Palay), le mot "cabilhau" est une forme suffixée de cabilhe (cavilha) = fr. cheville qui dérive du lat. clavĭcula selon FEW 2, 263 . Les deux mots cabilhe et cheville sont cognats et le mot gascon "cabilhau" ne désigne pas autre chose qu' une grosse cheville en bois. Sémantiquement, on ne voit pas bien le rapport entre une grosse cheville de menuisier et notre poisson. Si l'on considère l'étymon ""caput" (tête)" comme la base étymologique du mot cabillaud, comme Coromines le suggère avec raison compte-tenu de la morphologie du poisson, on aurait alors plutôt affaire à une forme affixée du mot "cabelh": "*cabelhau".
Le mot "cabelh" et sa variante "cabolh" signifient basiquement "épi" (mais aussi "tête" "dans le cas de "cabelh"). Ils dérivent du latin capĭtulum (FEW, 2, 265, voir aussi Coromines el parlar de la Vall d'Aran). En gascon, le mot cabelh est ressenti comme un dérivé affixé du mot "cap" (tête, extrémité) mais sans la nuance diminutive de l'étymon latin. En plus du sens d'épi, le mot "cabelh" sert à désigner la cime d'un végétal (gasc. cim, cimat, cimalh etc) et signifie aussi crâne (gasc. crani, cluca etc), tête (gascon: cap) et même grosse tête (cabòssa) (cf. Palay et FEW 2, 265 capitulum). Le mot kabeljaw pourrait représenter la forme suffixée du mot "cabelh", "*cabelhau", en accord avec la forme latinisée cabellauwus du 12ème siècle. L'affixe - au est le continuateur gascon du suffixe adverbial latin -alis, il sert le plus souvent à former un adjectif à partir d'un substantif, en gascon comme en latin: aig(u)a-> aig(u)au, natura > naturau, gèni >geniau, esséncia > essenciau, bèstia > bestiau, etc. Mais il peut aussi servir à former des substantifs comme (un) animau; (un) cavilhau; ( ua) vesiau (<vesin); (ua) canau, (ua) gau (<canale- < canna); un aig(u)au, (un) crancau (<cranc, cranca, p.-ê. étym. celtique *krankko- plutôt que lat cancrum, fr. crabe) etc, c'est le cas ici avec *cabelhau, comprendre "qui a une grosse tête, "têtard". Le mot "latin" cabellauwus ne serait rien d'autre qu'un gasconisme.
Ce mot gascon, prononcé */kaβǝ'λaw/) a subi une métathèse peut-être lors de son emprunt par une langue romane ( cf. portugais bacalhau, la date de la première attestation dans cette langue m'est inconnue, l'invention technique de la conservation de la morue par salage remonte au XVème et est revendiquée par les Portugais ), à moins que la métathèse ne se soit dejà faite en gascon avant de passer sous cette forme dans les autres langues voisines. Il est intéressant de constater qu'en argot des pêcheurs anglais, le mot kabbelaw signifie poisson salé (voir là). , ce qui suggère que la métathèse a eu lieu à une date postérieure à l'invention de la technique du salage pour conserver le cabillaud (morue). En tout cas, c'est cette forme métathésique qui a voyagé dans la péninsule ibérique et le monde méditerranéen avec les morues conservée par salage: esp. bacallao , bacalao (1519) > catalan: bacallà (1640) (aranais bacalhà) et italien baccalà, baccalaro. En gascon, la forme ancienne *cabelhau a disparu, sous la conjonction probable de deux facteurs: l'extinction des parlers gascons du Pays Basque où le mot pour désigner le cabillaud était probablement endémique (ce n'est pas le seul cas de mot endémique dans cette variété de gascon) et le remplacement de ce mot par la forme métathésique qui, en gascon, ne se retrouve que dans le parler de la zone de Bayonne (bacalau). Le mot semble inconnu ailleurs en gascon. Selon M. Morvan, le mot basque "bakailao" (id.) est un emprunt au roman. On voit que la forme métathésique est relativement tardive (première attestation du mot en espagnol: 16eme siècle) par rapport à la forme cabelhau qui ,elle, est attestée en latin médiéval dès le 12ème et s'est répandue en France, dans les langues germaniques et balto-slaves. On peut imaginer que le succès de la forme métathésique dans la péninsule est liée au succès de la technique portugaise de séchage du cabillaud par salage, autrement dit, on est passé du cabillaud qui se dit, en gascon, molua (<*mor-luka, i.e. louve (?) de mer en gaulois, cf. lobina, llobina) et probablement autrefois *cabelhau en gascon du Pays Basque, à la morue (gascon de Bayonne bacalau), permettant au produit de voyager jusqu'aux coins les plus éloignés de la mer et d'y être conservé .
Cachalot, tornade, piperade, chistera, chipiron, cabillaud...ça commence à en faire, des mots que l'on doit à cette variété méridionale du gascon noir !!!
dimecres, 19 de juliol del 2023
gasc. "malh" (garròc, galihòrça (?), penent perilhós (?) < latin maleus (marteròt) e celtic * maljo - (mala causa ) ?
Malh, aquiu qu'avem un oronime d'etimologia debatuda. Que n'i a qui pensan, com los paures Coromines e Rohlfs, l'etimon n'ei pas sonque lo mot latin "maleus" (marteròt), entenut com a "massa", ua manèra de nomentar un garròc en gascon. Lo mot qu'ei lexicau en catalan tanben, dab la significacion de "roca sortint, a la cim d'una muntanya". En aragonés, lo mot qu'ei mallo. Totun, au mensh toponimicament, segon lo paure Dauzat, lo mot malh que sembla poder designar shens qu'un mont o un garròc, autanplan un precipici, ua galihòrça, un perider, çò qui l'etimon latin "maleus" n'explica pas hòrt plan e qui miè Dauzat tà supausar un mot "pre-latin" (de segur "pre-indoeuropèu" "Pre-IE"), Dauzat qu'èra un adèpte fanatic deus etimons dits "Pre-IE" , ipotèsi hòrt a la mòda a l'epòca, hèra mensh uei lo dia). Alavetz, se cau trobar un mot non-latin (enqüèra que non "Pre-IE") tà explicar aquesta significacion, que podem pensar au mot proto-celtic *maljo (Celtic Lexicon : "evil") cf. lo mot guallés "mall" qui designa quauqu' arren meishant, un malur, ua plaga, ua destruccion, autanplan l'Esperit deu Mau, lo Diable, Satan, cf. lo mot gascon "perider", sinonime de galihòrça. Perider que significa, literaument, "que hè morir".
Lo mot "malh" au lexic gascon n'a pas sonque la significacion de "garròc", çò qui l'etimon latin "maleus" pòt explicar hòrt plan. L'auta significacion, la de perider, supausada per Dauzat e d'autes, que pausa un problèma: n'ei pas atestada en nat lexic de nada lenga (ni en gascon, ni en aragonés, ni en catalan. N'ei pas lo cas, pausat com a exemple, deu mot "lit" (avalanche), lite en aragonés (id.), lo mot que sembla un beròi gasconisme, en tot cas d'etimon plan celtic, plan atestat com a mot lexicau, tant com a adjectiu (fr. lisse) com substantiu (avalanche). Que lo mot "malh" dab la significacion de perider sia extint en gascon o que n'aja pas jamei existit, qu'ei tota la question. Cada teoria etimologica a d'estar analizada dab un esperit au còp obèrt e critic; aquesta de "maljo" benlèu mei enqüèra que non las autas. B'ei hòrt possible la significacion de "perider", de "galihòrça", prestada au mot malh sia ua error. En aqueste cas, qu'oblidam l'etimon celtic maljo, n'a pas arren a har aquiu.
divendres, 14 de juliol del 2023
Pau, Pont-Long, Pals : étymon palus (marécage), palude- > padule-
Il faut rappeler ici que dans notre zone pyrénéenne, le mot latin palus, paludem (marécage, étang, zone humide ) subit souvent (mais pas systématiquement) une métathèse : palude - > padul (cette dernière forme est attestée en aragonais médiéval).
Cette forme padul a évolué en paúl" conservé en aragonais contemporain avec la signification de "marécage" (voir les articles d'hydronomie pyrénéenne et aragonaise de Robert Aymard, 2002 et 2004, ce dernier téléchargeable en cliquant là ). En gascon, la perte du d de padul a posé le problème du hiatus et ce mot a du évoluer de deux façons: perte d'une syllabe par diphtongaison avec assimilation du l final (/w/), c'est le cas du toponyme Pau (peut-être aussi par attraction du mot du lexique pau, pieux); conservation des deux voyelles avec insertion d'un /h/ cassant le hiatus, c'est le cas des mots du lexique: pahul, pahú (marécage, cf. Palay).
Pau (< *Padule plutôt que *Palu ? ) est situé en bord de Gave et tirerait son nom de l'ancienne zone humide qui occupait le lit de la rivière, comme Pont-Long < *Padulem longum selon Coromines et comme Lescar ( lieu où poussent les laiches, marécage, terrain non cultivable, étym. *liscaris < lĭsca, laîche). Michel Grosclaude semble ignorer la forme métathésique *padule- , ce qui lui a fait refuser - sans bons arguments- l'étymon "palus" pour expliquer Pont-long aka Pallonc aka Pau-Loncq aka Pon Loncq etc. Cette métathèse est pourtant bien exemplifiée dans le Palay (Pahul, Pahú = marais). M. Grosclaude a proposé que Pont Long dérive de Spondam Longam > Esponde longue > Es (article masculin) *Ponde Longue (!!!) > Pont Long (!!!). Cette théorie n'est abolument pas crédible, même si elle a été reprise par d'autres après lui. Problématique aussi est la théorie de Jacques Lacroix qui reconnait dans le mot Long de Pont-Long le mot gaulois longo- auquel il prête le sens de marécage. Or, cette signification n'est attestée dans aucune langue néo-celtique. le (ou les) mot(s) signifient basiquement bateau, vase voire urne funéraire, le celtisme ne semble donc pas pouvoir s'appliquer au toponyme béarnais. .
Pour le toponyme Pau, Coromines admet comme étymon palus (marécage) soit sous la forme palu- (par confusion avec l'autre mot palus, pieu) soit sous la forme variante de paludem: padulem. Je pencherais pour la deuxième possibilité tout en suspectant une confusion avec l'autre mot pau (pieux) ayant facilité l'évolution morphologique du toponyme à partir de la forme Paúl >Paúu /Pa'yw/ vers la forme actuelle Pau /Paw/ au lieu de Pahú qui est la forme du lexique . Coromines refuse le recours à une très hypothétique racine "pré-indoeuropéenne" "Pal" (par ailleurs inconnue en basque) pour expliquer les toponymes gascons et/ou catalans Pal, Pals, Pau et Pala; Il explique ces toponymes par 1- palus avec le sens de marécage,via padul- par métathèse ou palu- par confusion; à cet étymon se rattachent, selon Coromines, Pau, Pals (en Empourdan), et Pont-Long < Pau-Long); 2- palus avec le sens de pieu, le toponyme viendrait de la présence d' un poteau indicateur soit de direction soit d'épaisseur de la couverture neigeuse qu'on trouve en particulier près des cols et aux croisement de chemins de montagne voir par exemple Pal en Andorre; 3- pala c'est le mot roman qui signifie pelle < lat. pala id, allusion à la forme des pentes du sommet qui évoque celle d'une pelle cf. Laspalles (en gascon: Las Palas). Donc il n'est nul besoin d'inventer un mot dans une langue inconnue supposémment "pré-indoeuropéenne", le latin suffit.
dimecres, 12 de juliol del 2023
Proto-celtic *laska, *leska (angl. "slack") > latin tardif lĭsca (laîche)> basque liska (marais, étang), gascon Lescar (lieu où poussent les laîches, marais, zone humide).
Proto-celtique *laska -*leska : mou. Ce mot est probablement une variante dérivée de *lexsko , "sluggish" (paresseux, apathique, mou, avachi) dont l’étymon se retrouve dans *lexsk-jo "weakness" (faiblesse) (cf. Celtic Lexicon, Proto-Celtic- English, entrées lasko, lesko; lexsko; lexsk-jo).
En Irlandais, le mot leisce signifie mollesse, lassitude, paresse, fatigue.
En breton l’adjectif laosk signifie mou, avachi.
Le latin tardif présente le mot lĭsca qui désigne le carex, la laiche. Ce mot est réputé d'origine pré-latine (FEW, 5 pp 372 et sq). J'y reconnais là notre mot celtique qui veut dire mou et qui a du s'appliquer pour désigner un terrain de zone humide (terrain "mou") puis les plantes qui y poussent, comme la laîche. De fait, le mot existe en euskara (liska), il y a bien le sens de marécage, de plante aquatique et aussi de bave d’escargot voir là. Le mot est isolé en euskara, il s’agit probablement du mot latin lĭsca. Il est donc possible (probable selon moi) que le mot celtique latinisé ait signifié marécage à l’origine (terrain "mou", inondé, comme en cat. "aiguamoll" ) et ait servi à désigner les plantes qui y poussent. Cet étymon continue à servir pour dire marécage dans un certain nombre de parlers romans et aussi pour désigner des plantes palustres comme le carex, le jonc etc cf. FEW vol 5 pp372 et sqq (« laîche) en roman mais aussi dans les langues germaniques (par exemple all. liesch = plante herbeuse de marécage) qui ont du emprunter le mot au latin tardif.
L’étymon est bien représenté en gascon avec des sémantiques assez variées.
Lesca (lesco) : motte d’argile molle (Lomagne) (selon Palay)
Lèsque (FEW 5, pp372 et sqq), lesquès ( ?,probablement pour lèsques, Palay) : friche, terre pauvre, impropre à la culture (Médoc)
Lescar (lescà) : terre qui ne s’effrite pas, qui reste compacte au labour (Armagnac). Ce dernier mot est, selon moi, à l’origine du toponyme béarnais Lescar dont le correspondant (mais non parent) en latin "Lascurris" est interprété un peu témérairement comme "lats-gorri", ruisseau rouge par M. Grosclaude. Je pense, quant à moi, que Lescar, dont la signification étymologique est "lieu où poussent les laîches", c'est-à-dire "marais", "zone humide" (le mot est éteint avec ce sens en gascon); est bien le toponyme roman qui s'est substitué à Beneharnum mais que ce toponyme a été en rivalité avec Lescourre, latinisé comme Lascurris. Il faut attendre le 12èmè siècle et l'utilisation du gascon comme langue écrite pour que Lescourre ne soit plus utilisé en gascon pour désigner la ville. La forme latine Lascurris, elle, est resté en latin pour nommer Lescar.
Il n'est pas raisonnable de vouloir faire dériver Lescar (prononcé Lescà; graphié Lascaa au 13eme siècle) de Lascurris, le nom en latin médiéval de la ville. Lescar et Lescurris ont une étymologie bien distincte l'une de l'autre. L'étymologie de Lascurris a été parfaitement bien identifiée par Pierre de Marca (18ème s) dans son Histoire du Béarn:
« On lui donna donc le nom de Lascurris, qui estoit le particulier du lieu où elle fut bastie, à sçavoir de Lascourre, pour user des termes vulgaires, ce qui signifie un lieu où il y a des ruisseaux et destours des eaux qui s’escartent du canal. A quoi se rapporte fort bien l’assiete de Lascar, qui est arrousée d’un petit ruisseau et de sept ou huict sources de fontaines qui rejaillissent de divers endroits, et qui, avant que d’estre renfermées dans leurs tuyaux, s’esparpilloient en ce lieu où estla ville basse, et faisoient les petits détours que l’on nomme vulgairement Escourres ou las Escourres. »
(chapitre XI, article VII, pp. 58-59)
Je pense, comme lui, que l'étymon de Lescurris n'est pas vraiment latin au sens strict du mot mais...vraiment gascon, c'est Lescourre , le ruisseau de drainage qui borde Lescar au nord (escourre, en graphie alib. escorra; comprendre littéralement ruisseau de drainage < lat. v. excurro) : e . Le "e" final atone du mot gascon escourre a été rendu par un -i en latin, comme ce sera le cas au vingtième siècle en espagnol avec l'e atone final des mots du gascon noir parlé à Pasaia (cf. le "phrase-book" de Serapio Múgica dans son article sur los Gascones de Guipúscoa"). Par exemple, "le vièla" (la ville) est graphié "li vieli" (sic) en transcription espagnole, etc.
Il est significatif que la version actuelle du toponyme Lescar (à la voyelle prétonique près, "a" au lieu de "e", à cause de la prononciation /ə/ de cette voyelle prétonique en gascon médiéval comme en catalan oriental médiéval et contemporain ) apparaisse au 12ème siècle en gascon dès l'usage écrit de cette langue. Lascurris est la forme latine médiévale pour nommer Lescar en latin mais le mot n'est qu'une adaptation latine de l'hydronyme gascon Lescourre (< l'escourre). Les deux mots Lascurris et Lescar (Lescà) n'ont, en fait, pas du tout la même étymologie. L'étymon de Lescar est le mot latin lĭsca, emprunté au celtique, et qui fut glosé carecco (carex, laîche). Ce mot a évolué en "laiche" en français (synonyme de carex) et en "lesque" ou "lesca" (selon le système graphique) en gascon, Lescar signifie étymologiquement et très simplement: lieu où pousse les laiches, c'est-à-dire une zone humide, un marécage et, par extension, un terrain non propice à l'agriculture. On voit là que Lescar a eu trois noms, le plus ancien est Beneharnum (> Biarn, Béarn), de langue et d'étymologie inconnues, qui a été remplacé, toujours en latin, par Lascurris soulignant probablement ainsi l'importance du ruisseau de drainage Lescourre , dont j'imagine que le cours a du être probablement canalisé artificiellement dans le but d'assainir le lieu et permettre ainsi son développement. Il est aussi possible qu'il y ait eu confusion d'étymon entre Lescourre (latinisé en Lescurris) et Lescar (du gascon lescar < lat. *lescaris), la forme du toponyme latinisé Lascurris pouvant résulter de cette confusion. En tout cas le mot gascon Lescar fait sens au regard du contexte environnemental et c'est ce mot qui est parvenu jusqu'à nous.
La commune de Lescar se trouvait dans une zone humide dont il reste d'importants reliquats (site protégé classé Natura 2000) et c'est à cette zone humide que la ville béarnaise doit son nom actuel. Cette zone était beaucoup plus étendue autrefois, comme l'indiquent les toponymes Pont-long ( ou Pau-loncq Pal-long etc,< Padulem Longum selon Coromines ) et Pau ( < Padul- <palude-, palus: marécage). Cette zone humide présentaient des marécages redoutables et redoutés (cf. les toponymes Grabe Male, Palù Male, Grava mala, Palú Mala). Sur ces toponymes, je reviendrai dans le post suivant.
Revenons à notre étymon celtique lesca (latinisé en lĭsca) Il est à l’origine du mot français laiche, qui désigne une plante de zones humides aussi connue sous le nom de "carex". On a vu que cet étymon explique très bien Lescar: lieu où pousse les laiches, c'est-à-dire zone humide . Par une dérive sémantique qu’on a un peu de mal à concevoir mais que les linguistes admettent, ce même mot lesca veut aussi dire « tranche fine » (fr. lèche, gascon lesca, cat. llesca) (voir FEW v 5 pp 372 et sq).. Palay donne comme définition de lesca (lesque) : lèche, tranche étroite et mince, tranche de lard, de jambon, de pain ; mouillette, apprête. Le sens de distingué, de taille mince, élancé, associé à l’adjectif "lesc-a" et le sens de mince, fluet attribué à l’adjectif "lesque- a", est dû à cette sémantique.